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11 avril 2009

A propos de "notre" péage

Quand vous passerez devant cette belle demeure pour aller à la poste ou au supermarché, vous pourrez découvrir cet anneau et son histoire autrement et dire à vos amis « tu vois cet anneau du péage de La Calmette qui servit tant d’années à exploiter ceux qui passaient par là pour leur travail au profit de quelques seigneurs des lieux ». Je vous avais déjà parlé des troupes que le seigneur envoyait dès qu’il apercevait du haut se son château quelques malheureux qui tentaient de passer par les chemins plus bas (notamment vers la Braune). Quand ils ne pouvaient pas payer, on se « payait » sur la marchandise ou en leur prenant un habit !

Il est important de noter que les plus riches (seigneurs, nobles, clergé et moines, consuls eux-mêmes qui obtinrent de St Louis d’être dispensés de payer…) étaient le plus souvent exemptés de régler ces impôts indirects comme les péages (gabelle, guet, chevauchée, albergue, etc.)… Les « cadeaux » fiscaux aux riches ne datent pas d’aujourd’hui, hélas !

Quelques petites précisions historiques sur ce péage si ça vous intéresse :

1242.  (…)  Cette même année par cession faite à saint Louis, la seigneurie de La Calmette est unie au domaine de la couronne. Le droit de péage est établi à La Calmette. (Abbé J.M. Lamoureux «un coin de la Gardonnenque, La Calmette » éd. Lacour)

 « 1247. Raymond Trencavel céda à saint Louis tous les droits qu’il avait dans le diocèse de Nîmes (et sur le Carcassez) moyennant une rente de 60 livres (…) parmi les terres sur lesquelles cette rente fut assignée, on lui donna le péage de La CALMETTE pour 200 livres de revenu. » (P. Merle « La Calmette » éd. Lacour)

« Trencavel se plaint de l’insuffisance de revenus. Saint Louis de passage après son expédition en terre sainte lui accorde en 1254* sur ce péage un supplément de 30 livres. » (J.M. Lamoureux)

*Et non en 1247 comme l’indique par erreur l’abbé Lamoureux (mais ce n’est pas la seule inexactitude du livre de l’abbé…)

 « 1261. Le péage établi à La Calmette donna lieu à des réclamations de la part des habitants de Nîmes. Le 3 octobre 1280, le juge prononça une ordonnance dans laquelle il déclara que, attendu qu’il était prouvé que les gens de Nîmes avaient accoutumé de passer dans le village et le territoire de La Calmette avec leurs laines, leurs fromage, leurs bestiaux et autres effets, ils devaient en être exemptés, avec défense de ne jamais l’exiger à l’avenir » (P. Merle)

1321. « que ce village (La Calmette) avait un marché aux bœufs, qui s’y tenait une fois par semaine, et que les revenus qui provenaient à raison de ce marché profitaient au péage » (P. Merle)

Pendant l’année 1789 éclate la révolution (…) les habitants font fermer le péage.