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16 novembre 2010

Les croix de mon village (reprise complétée)

Initialement objets de culte, les croix et calvaires font aujourd'hui partie de notre patrimoine. Elles se retrouvent à l'entrée des villes et villages, au carrefour des chemins, sur les places publiques ou encore, au milieu des cimetières.

Elles jalonnent le territoire et constituent un "patrimoine rural" aussi diversifié que méconnu. Des calvaires bretons aux croix pattées du Vexin, des calvaires marins aux croix de nos chemins et de nos champs, tous témoignent de la ferveur religieuse populaire d'autrefois. Certains font l'objet de légendes tenaces et ont été le centre de croyances et de pratiques plus ou moins superstitieuses. Qu'elle soit de factures romane, gothique ou plus contemporaine, de bois, de pierre ou de fonte, chaque croix aiguise la curiosité et révèle à qui sait l'observer son histoire et son esthétique propres.

Il y a aussi les "croix des Rogations". Dans le passé, plusieurs processions étaient pratiquées les trois jours précédents l'Ascension : Leur but était de demander (rogare en latin, d’où le mot « rogations ») à Dieu la préservation des calamités naturelles et l'abondance des récoltes.Dommage que ça ne se pratique plus, on aurait pu demander de nous protéger des technocrates de Bruxelles en même temps que du mildiou... mais là, c'est une autre histoire. 

Le midi a aussi ses croix, aux croisement des chemins, à l’entrée des villages…La Calmette en a plusieurs très belles. "Des croix nombreuses décorent les principales avenues, avec celles qu'on rencontre dans la campagne, elles prouvent qu'à La Calmette on est en pays catholique" écrit l'abbé Lamoureux dans son petit livre sur La Calmette (éditions Lacour/redeviva)

La grande croix

La plus grande tout d’abord, à l’entrée du village en venant de Nîmes, accueille les visiteurs.

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 La contre reforme amena des missionnaires catholiques dans le village et une mission fut prêchée en 1764 par le père Bridaine de Chusclan. "pour en perpétuer le souvenir, la population reconnaissante élève une croix monumentale" (dixit l'abbé Lamoureux). 1964 : date de l’édification de la « grande croix » en fer forgée. La date de 1816 qu’on peut lire, gravée, est celle de sa réfection. (cf. « un peu de notre histoire » de M.L. Barbe).

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la grande croix

Le 3 mars 1881, Jean-Marie Lamoureux prend possession de la cure de La Calmette. A cette époque le château d’André (situé 5 à 9 rue de Valfons) est occupé par le vicomte et la vicomtesse Balthazard d’André.  (…) un peu plus d’un an s’écoule et un presbytère modèle (l’actuel) se dresse à côté de l’église (…). La population secondée par les maçons de La Calmette, Montbrun Eloi et César Auguste, l’œuvre dans 15 jours reçoit son couronnement.

(…) La croix de la mission (par le RP Bridaine de Chusclan) plantée en 1964, est en mauvais état. Une réparation s’impose. Le Conseil municipal vote en 1886 à la demande de la Fabrique, une somme de 1.100 francs.

Grâce à ce généreux concours, le monument retrouve sa splendeur ancienne ; une grille nouvelle l’entoure, la préserve contre les chocs des voitures (en  1886 déjà!!!)et assure son respect. Elle devra d'ailleurs être déplacée sur le côté pour permettre le passage et le croisement des fiacres et diligences sur la grand rue.

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(Le chauffeur du "bus" attend, fier, à côté de son véhicule, tandis qu'une femme remplit son broc à la fontaine, telle qu'en avait fait placer dans tout le village le maire Hilaire Gondret)
 
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(on distingue bien la grille de protection de la croix, tandis que le berger pose pour la postérité devant son troupeau. On distingue bien aussi la statue dans le mur de l'ancienne école catholique pour filles )

 

Une deuxième croix de fer, plus petite mais très belle, accueillait les visiteurs arrivant d’Alès ou de Sommières pour pénétrer à l’intérieur du fort, côté rampe du Nord à l’angle du boulevard des remparts.

La petite croix de fer forgé du Fort

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La croix de pierre

La croix de pierre-marbre, à l’angle nord-est de la place (ancien cimetière) sous l’église. Le terrain bougeait, et la vieille croix menaçait de tomber. Elle fut reconstruite en 1974.

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 Ces photos très vieillies, montrent la procession des fidèles suivant le prêtre (l’abbé Rousset,  je suppose) venu bénir la nouvelle croix :

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été 1984
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La croix de la croisette

Le quartier de la croisette, où se fait une des processions des Rogations n’a pas de croix. MM.Cordilhac Charles et Laurent Joseph, fournissent des matériaux. Une croix gracieuse s’élève, sur le pan de mur de la propriété de M. Laurent. La bénédiction a lieu un dimanche du mois de mai 1887.

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Pourquoi l'inscription sur la stèle porte "1890", trois ans plus tard, mystère!

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La croix des cocons

L’année suivante, sous la mairie de M. Hilaire Gondret, les largesses des fidèles permettent de planter la croix des Cocons. Elle se dresse sur la route de Dions, à l’angle du pré de la Vicomtesse d’André, sur un terrain gracieusement offert. Bénite solennellement le 16 mars, (…) on estime à 3000 les personnes présentes à cette imposante cérémonie.

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La croix des cocons (derrière les tennis) dont le nom rappelle qu’étaient alors cultivés des mûriers  pour nourrir les vers à soie qui firent un temps les beaux jours du village.

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Qu'auraient-ils dit nos 3000 fidèles présents ce jour-là, et nos pélerins partis pour Jerusalem, s'ils l'avaient vue ainsi affublée ? :

 Mais l'heure n'est pas à cette discussion, poursuivons notre récit historique. 

 

 

Les croix sont debout. L’heure du départ du pèlerinage de la pénitence sonne.(…) les pélerins s’embarquent sur « le Poitou » la 12 avril 1888, d'abord pour l'Italie voir le Saint Père, puis pour Jerusalem.

 

 

 

 

 

 

 

Voilà pour ces croix principales. 

Il y avait, si je me souviens bien, une autre croix côté des vergers (actuel chemin des vergers). Restent deux autres croix, celle très belle au centre du cimetière, et celle qui se trouve près de la station d'épuration des eaux.

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Cette belle croix de pierre a été installée au centre du cimetière catholique, au croisement des chemins centraux. On a enterré à ses pieds le père Pellatan, qui fut curé du village de 1910 à 1941. 31 ans ! Un bail !
Avant sa mort il avait instament demandé à ses fidèles d'être enterré sans fleurs ni couronnes et en toute simplicité. Pourtant, en 2010, des fidèles de son époque continuent encore à fleurir sa tombe et à honorer son souvenir. L'abbé Pellatan, comme on disait à l'époque, était un homme très aimé.

19 août 2007

les croix de mon village

La Bretagne a ses calvaires célèbres, le midi a aussi ses croix, aux croisement des chemins, à l’entrée des villages…La Calmette en a plusieurs très belles.

La plus grande tout d’abord, à l’entrée du village en venant de Nîmes.

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 La contre reforme amena des missionnaires catholiques dans le village et une mission fut prêchée en 1794, date de l’édification de la « grande croix » en fer forgée. La date de 1816 qu’on peut lire, gravée, est celle de sa réfection. (cf. « un peu de notre histoire » de M.L. Barbe).

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la grande croix

Une deuxième croix de fer, plus petite mais très belle, accueillait les visiteurs arrivant d’Alès ou de Sommières pour pénétrer à l’intérieur du fort, côté rampe du Nord à l’angle du boulevard des remparts.

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La croix des cocons (derrière les tennis) dont le nom rappelle qu’étaient alors cultivés des mûriers  pour nourrir les vers à soie qui firent un temps les beaux jours du village.

La croix de pierre-marbre, à l’angle nord-est de la place (ancien cimetière)sous l’église. Cette vieille croix de pierre fut reconstruite en 1974.

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 Ces photos très vieillies, montrent la procession des fidèles suivant le prêtre (l’abbé Rousset,  je suppose) venu bénir la nouvelle croix :

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été 1984
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Il y avait, si je me souviens bien, une autre croix côté des vergers (actuel chemin des vergers) et une autre vers la station d’épuration des eaux usées.

Initialement objets de culte, les croix et calvaires font aujourd'hui partie de notre patrimoine. Elles se retrouvent à l'entrée des villes et villages, au carrefour des chemins, sur les places publiques ou encore, au milieu des cimetières.

Elles jalonnent le territoire et constituent un "patrimoine rural" aussi diversifié que méconnu. Des calvaires bretons aux croix pattées du Vexin, des calvaires marins aux croix de nos chemins et de nos champs, tous témoignent de la ferveur religieuse populaire d'autrefois. Certains font l'objet de légendes tenaces et ont été le centre de croyances et de pratiques plus ou moins superstitieuses. Qu'elle soit de factures romane, gothique ou plus contemporaine, de bois, de pierre ou de fonte, chaque croix aiguise la curiosité et révèle à qui sait l'observer son histoire et son esthétique propres.

Il y a aussi les "croix des Rogations". Dans le passé, plusieurs processions étaient pratiquées les trois jours précédents l'Ascension : Leur but était de demander (rogare en latin, d’où le mot « rogations » : demande) à Dieu la préservation des calamités naturelles et l'abondance des récoltes.Dommage que ça ne se pratique plus, on aurait pu demander de nous protéger des technocrates de Bruxelles en même temps que du mildiou... mais là, c'est une autre histoire.