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11 juin 2011

Les rues de La Calmette N°9

Le chemin du Mas d'Argelas.

Le monastère de Notre Dame d’Estelzin était habité par des religieuses de l’ordre de St Benoit.

Ce monastère qui a donné son nom à un quartier (sur lequel existait le prieuré d’Estelzin)  fut vendu avant la révolution de 1789 à la famille Argeles par l’église d’Uzès qui en était propriétaire. Le mas faisait partie des mêmes possessions et pris le nom de mas d’Argelas (La Calmette-P.Merle).IMG_0420 (1).JPG

En 1911 (Guide du Gard-guides méridionaux 1911) relève sur la Calmette 4 fermes : l’Habitarelle, l’Enclos, le Mas-Blanc et le Mas-d’Argelas. Il était donc bien encore exploité à cette époque. Ce même guide du Gard nous apprend qu’il n’y avait qu’un seul propriétaire viticulteur déclaré à La Calmette, Jules Charbonnier, au mas d’Argelas, avec 350 hectolitres. La vicomtesse d’André déclarait sa propriété à Aubussargues (750 hectolitres).

Les habitants du village d’un âge certain ont d’ailleurs bien connu le dernier berger qui y vivait avec ses moutons.

Si le Mas a connu des heures de gloire (on y disait la messe en cachette au temps de la révolution (Lamoureux p.89), une partie de la population du village s’y était réfugié toute une nuit sous la conduite de M. Feuillade à l’annonce de l’arrivée des troupes allemandes au cours de la seconde guerre mondiale*, c’était un lieu de rendez-vous galant que de nombreux habitants(tes) pourraient raconter…etc.etc.), il a malheureusement commencé à se dégrader après que sa propriétaire ait décidé d’enlever la toiture à la mort du berger. On a dit que c’était pour ne pas payer d’impôts, est-ce vrai ? Peu importe, toujours est-il qu’à partir de ce moment-là ce beau mas est tombé en ruine.

Les voleurs de pierres de taille, notamment sous les fenêtres et portes n’ont fait ensuite qu’accélérer l’œuvre du temps et finir de l’achever.

Mais le mas d’Argelas, même en ruine a continué à alimenter les rêves des jeunes gens qui venaient s’y promener. Quel enfant, quel adolescent(te) n’a rêvé un jour de venir le rebâtir ? Avec sa cour intérieure entourée d’un perron qui faisait penser aux romans de capes et d’épée ou à Zorro… avec son herbe tendre tout autour et son lilas sauvage qui abritait tant d’amours naissants…

IMG_0410 (1).JPG

*J’ai souvent entendu raconter cette histoire d’autant que la fille de famille, craignant pour la vie des animaux (on racontait que les Allemands brûlaient les maisons comme à Oradour-sur-Glane) était retournée ouvrir les portes au cochon, au cheval, aux poules … Inutile de vous faire un dessin le lendemain matin quand tout le monde est revenu et que le grand-père a trouvé tous ses animaux échappés… Il en parlait encore 40 ans après, même si maintenant il en riait plutôt !