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21 mai 2011

La Marie de BARUTEL

La vie n'était pas toujours facile dans les campagnes au début de ce siècle. Il n'y avait pas autant d'aides qu'aujourd'hui, même si La Calmette était pourvue d'un Bureau de Bienfaisance et de plusieurs sociétés d'entraide ( Secours-Mutuels les amis du peuple, La Saint-Julien et la Mutualité scolaire).

Certains n'avaient pour survivre que le strict minimum et se débrouillaient comme ils pouvaient. Celui-là grapillait pour avoir son vin, un autre allait faire les courses avec son velo... je vous ai déjà parlé de cette histoire que racontent les anciens, quand le "tchetchou", le Prosper revenant de faire des emplètes pour les autres à bicyclette avec son pneu en huit autour du cou comme les coureurs du tour, s'était retrouvé "pendu" par le boyau au crochet du boucher. Le pauvre gesticulait sans pouvoir se décrocher devant les faïences rouges du magasin quand le grand Fernand (vacher de Saint-Chaptes) l'avait soulevé et pendu là pour s'amuser. Les vieux en rigolent encore ! C'était juste en face de l'actuel café "L'afficion".

Le Popol, lui, coupait des canelles et se faisait du tabac à fumer avec la bourre de maïs. La Finette lavait le linge au bassin. On la voyait passer tous les jours avec sa "bourrette" remplie de linge et les gamins souvent la hellait "oh Finette, vous lavez ?" et quand elle répondait "ben oui" tous en choeur criaient en rigolant "Et bien gardez-le !" La pauvre Finette faisait semblant de s'en fâcher et se laissait souvent prendre au jeu.

Et puis il y avait la Marie. On l'appelait la "Marie de Barutel" parce qu'elle vivait dans une capitelle du côté de Barutel, vous savez cette colline en allant vers Nîmes, la première vraie côte que le premier car à moteur avait tant de mal à franchir s'il y avait du monde. Que de fois le père Bouard "Service de voiture publique" a dû demander aux hommes de descendre et même de pousser pour franchir le col ! Ca rouméguait, mais ça poussait quand même, "rospetan, rondinan mas butan çaquelà !". Marie de Barutel allait à Nîmes à pied avec son grand sac noir faire des courses "pour le monde". Croyez-vous qu'on ferait encore ça aujourd'hui ?

La capitelle de La Calmette, la seule à ma connaissance encore debout, est-elle celle où elle vivait ? En tout cas ça devait lui ressemblait si ce n'est pas celle-là.

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