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18 juillet 2010

le bourrelier

On m'a demandé de reparler de cette histoire, c'est avec plaisir que je la réédite. Je reviendrai sur ces vieux métiers souvent disparus, qui ont fait de notre païs ce qu'il est.

"Quand mon père était jeune, chaque village possédait son bourrelier-sellier. Il faut dire que tous les paysans possédaient un ou plusieurs chevaux, les autres aussi d’ailleurs puisque c’était le mode de transport le plus utilisé (avec le vélo bien sûr). Bien entendu les transports en commun (d’ailleurs le relai de diligence était à côté du café…), la poste, les marchants ambulants, le médecin, etc. bref presque tout le monde. Mon grand-père paternel était le bourrelier de La Calmette, il en fut le dernier.

Il était à la fois bourrelier et paysan avec quelques terres et vignes à entretenir. Un peu plus tard, il achètera le « café du progrès », rue de la république, et il s’est donc retrouvé paysan-vigneron-bourrelier et limonadier… « 36 métiers, 36 misères » dit le proverbe ! Et ma pauvre grand-mère, Laurentine, fut mise à contribution.

Levée très tôt pour ceux qui partaient aux champs et venaient prendre le café du matin, à midi pour les repas servis en salle, et le soir souvent jusque bien après minuit pour le client qui ne partait pas … qui avait consommé un seul café et restait là « pour économiser » le chauffage chez lui ! Et en ces temps-là, on ne mettait pas un client dehors ! Mais je reparlerai plus tard des cafés (faut dire qu’à La Calmette, il y a eu jusqu’à 5 cafés…)

Revenons au bourrelier. Il travaillait le cuir, la toile et la bourre. Il fabriquait les licous, les harnais, les bâts, les colas qu’il rembourrait pour que ça ne blesse pas le cheval. Mon grand-père avait un beau papier à entête dont j’ai retrouvé par miracle un échantillon :

medium_entete_bourrelier_gustave.JPG

 

Les traits étaient en fer avec de petites attaches de cuir reliés au harnais par une boucle. C’était ce qui retenait le cheval à la charrette quand il reculait « Dia, dia ! ».Il fabriquait aussi les sous-ventrières, les brides, les courroies…c’était solidement cousu avec du ligneul passé à la poix, parce qu’un cheval ça force, quand il tire tout le harnachement travaille. Mais le bourrelier coûtait cher, il n’y avait ni cordier ni tannerie au village et fallait s’approvisionner en ville"

Gustave Montbrun.JPG