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02 juin 2011

Les rues de La Calmette N°4 (complément)

Chemin des Bourrassonnes

Origine difficile à connaître. Bourrasson(ne) n’étant pas ni un mot occitan ni un mot français. J’opterai pour une transformation populaire du mot « bourras », nom donné à la toile grise très grossière, faite d’étoupe de chanvre, que portaient les gueux ou pauvres gens. Les moines de la confrérie du Bon Jésus (1951) étaient ainsi appelés des bourras à cause de la robe de bure qu’ils portaient. Je gage qu’ils n’ont jamais fréquenté La Calmette ni qu’il y ait eu des femmes dans leur confrérie.

Je pense plutôt qu’ils s’agissait de pauvres femmes vêtues de hardes grossières qui vivaient là. Eventuellement de femmes qui fabriquaient des robes de bure.

J’aurais bien imaginé qu’il s’agissait de femmes ramassant la « bourre » pour la fournir au bourrelier, afin qu’il en garnisse les selles et bâts, mais rien ne m’indique qu’elles puissent porter un tel nom.

Il y a bien sûr aussi les « bourras », amoncellements de troncs et de bois flottés charriés par les crues du Gardon et qui formaient des « îles » dans la rivière, et ce serait le nom donné à des femmes allant récupérer du bois flotté, mais cela m’étonnerait fort. Je penche donc pour la première hypothèse, d’autant que j’ai trouvé cette phrase en vieux français : « vestues et une sorquante (souquenille), qui ne fut mie de borras ».

ch bourass.JPG
Une note de mon ami "Akela" m'a mis sur la piste : les bourassones étaient très probablement les femmes qui ramassaient le tilleul dans des bourras. Voici un extrait de sa note :

Vous savez ce qu’est un « Bourras » non ? Alors je vais vous expliquer, le « bourras » est un morceau de tissu, genre toile de jute, de deux mètres sur deux, qui sert, normalement, à emballer le tilleul au moment de la récolte, j’écris normalement parce qu’il a la particularité de posséder les pouvoirs magiques quand vient l’heure de la sieste, (…) plus exact je vous amène en Drôme provençale, ce petit bout de terre de Provence au Nord du Ventoux que les technocrates du 18ème siècle ont rattaché à un département issu de l’ancienne province du Dauphiné. Ce sont les « Baronnies » nichées dans la haute vallée de l’Ouvèze et de ses affluents, un petit « Luberon » pour l’instant ignoré des promoteurs, au paysage dominé par un arbre, le tilleul. Il est partout, dans les cours des fermes, au milieu des lavandes, mais aussi au bord des routes auxquelles il offre une ombre fort agréable, mais aussi fort rentable, du moins jusqu’à ces dernières années. Il y encore deux ou trois décennies, « les ponts et chaussées » concédaient la récolte des tilleuls aux enchères, généralement c’était les petits paysans locaux qui pouvaient ainsi exploiter cent ou deux cents mètres linéaires de route à coté de leurs fermes. Ils étaient parfois aidés par des saisonniers qui suivaient, comme Annibal l’avait fait deux millénaires avant eux, la vallée de l’Ouvèze, le tilleul ayant cette délicatesse de bien vouloir mûrir au fur et à mesure que la route s’élève, offrant du travail pendant près d’un mois à ceux qui décidaient de l’accompagner dans sa maturation.

merci à Akela qui m'a bien mis sur la voie ! http://aufonddubois.midiblogs.com/index-2.html