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05 juin 2011

Les rues de La Calmette N°6

La rue des mûriers

« Parce qu’il y avait des mûriers pardi ! ».

Au XVIIIe siècle, apparait dans la région d’Anduze « l’arbre d’or », appelé aussi l’arbre à soie, importé d’Orient par les croisés. La culture du mûrier se développe après le terrible hiver 1709 qui avait fait geler les châtaigniers dans les Cévennes. L’âge d’or de la soie dans les Cévennes et l’ensemble du Gard durera jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les magnaneries s’implantent partout pour fournir les manufactures de Lyon ou de Nîmes. Elles emploient surtout des femmes. La soie des Cévennes est dite « la plus belle du monde » !

cueillette f de m.jpgMais dans tous les villages, les paysans comprennent l’intérêt d’élever le ver à soie ou « bombyx mori », les magnans, pour améliorer leurs ressources*, comme ils le feront pour la vigne. A La Calmette, presque toutes les maisons anciennes du village avaient leur magnanerie, ou simplement paillères, souvent dans le grenier où on mettait la paille, pour être à l’abri de l’humidité (risque de moisissure). Les femmes allaient ramasser les feuilles des mûriers pour nourrir les vers : « anam faire les ramas » ! Puis quand le ver était prêt, on l’installait sur des branches de bruyère, les claies, pour qu’il tisse ses fils, ses cocons.

Si Pasteur réussit à venir à bout des terribles maladies (pébrine, flacherie), personne ne put endiguer le déclin lié à l’importation des soies d’Orient… Beaucoup de mûriers seront arrachés après la guerre de 14.

« Ca allait en récaguant ! ».

 *Un exemple de budget d’une famille (1909) nous est donné dans « archives du Languedoc » :

Salaire du père : 5 frs /jour X 270 jours de travail = 1350

Salaire fille : 1.20 frs X 250 jours de travail = 300

Revenus de la propriété = 350

Location d’un champs = 40

Revenus provenant de l’élevage des vers à soie = 100