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09 mai 2015

Un tonneau pour cachette... il y a 223 ans

IMG_0060.JPG1789, la révolution a éclaté, apportant son lot d’espoirs mais aussi de troubles. A La Calmette, comme dans tous les villages de France, on a rempli des cahiers de doléances et on va voter (sous réserve d’avoir 25 ans et d’être contribuable). Alors que l’assemblée constituante vient de décider que la France serait découpée en départements, le nôtre devient le Gard à la place de Gardon, malgré le nom de la rivière qui en est à l’origine, notre village fera partie du canton de Saint-Geniès-de-Malgoirès, lui-même intégré au district d’Uzès. Un Calmettois, Honoré Balthazard, homme de lettres et notaire, sera élu au district d’Uzès.


Curés et évêques devront également être élus et prêter serment de fidélité à la Constitution. Nombreux sont ceux qui refusent, dont celui de La Calmette, Etienne Constant, qui sera contraint de s’exiler (il reviendra en 1801).

Les troubles de 1792 sont empreints de ces problèmes religieux, en parallèle des raisons politiques. L’abolition des privilèges en août 89 n’avait pas vraiment été mise en pratique dans les campagnes et de nombreux soulèvements avaient pour but de faire remettre par les nobles leurs titres et droits. C’est ainsi qu’une troupe de près de trois cent hommes est venue à La Calmette le 5 avril 1792 pour dévaster la maison de M. de La Reyranglade, puis chez Mauret, le fondé de pouvoir de M. Louis Mathéi de Valfons, qui se réfugie dans la maison de la Tour du Pin, mais devra remettre les titres de droits féodaux.


Des curés « constitutionnels » sont ensuite nommés par le district (à La Calmette, citons Goirand, puis Dominique Viens). Pendant cette période troublée, certains curés réfractaires célèbrent en cachette «le saint sacrifice de la messe au Mas d’Argelas et dans certaines maisons, notamment l’abbé Jeanjean» nous dit l’abbé Lamoureux («un coin de la Gardonnenque» ed. Lacour/rediviva).

Le «père» Arnassan, maréchal-ferrant, se rendait à Beaucaire faire des provisions de fer à l’époque de la foire et avait l’habitude de loger chez les parents de l’abbé Jeanjean. C’est ainsi qu’en retour l’abbé venait parfois célébrer la messe chez lui, à La Calmette, et avait dû plusieurs fois se cacher dans un tonneau en bois qu’on retrouve encore chez Françoise Arnassan, précieux vestige d’une époque heureusement révolue.

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