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12 mai 2010

Le village aux trois châteaux

Je vous ai posé dernièrement une énigme concernant des jolis « mascarons » noyés dans le mur d’une maison rue de la République. Ces mascarons ornaient l'entrée d'une belle demeure appartenant à Jacques de Cassagne, seigneur de La Calmette en 1669 : c'était même alors un château.fenetre à macaron détail.jpg

Je vous avais alors promis de revenir sur ces 3 châteaux.

La Calmette était, chose assez rare pour un village si moyen, une co-seigneurie : il y avait 3 seigneurs et donc trois châteaux. Qui pourrait imaginer en passant devant ces maisons vieilles et un peu décrépies qu'elles sont les restes de superbes demeures.

1/ Ce premier château allait de la rue de la République (grande carrière) jusqu'au rempart du village fortifié dont on voit la sortie dans le fort (à côté de l'impasse vieille porte). Pratique pour se réfugier en cas de besoin. Et quand on sait que le fort de La Calmette a soutenu un siège de deux jours en 1580, pendant les guerres de religion…

Un peu d'histoire:

P3058290.JPG1669 : Jacques de Cassagne, seigneur de La Calmette, possède une maison à la Grande Carrière (grand rue) : maison, pigeonnier, jasse.Proche du fossé et d’André Brunel, d’André Huguet.

Superficie : 2.75 dextres, autre membre : 10 dextres.

Pallier, jasse, pigeonnier : 9.5 dextres.

Cour : 27 dextres.

1780 : la propriétaire est Anne Marie Guinchet, épouse du baron de Latour du Pin - Gouvernet, héritière de Jean François Courtine de Cassagne, son premier mari. Dans les registres, il est précisé qu’elle est seigneuresse  en toute justice du marquisat de la Calmette.

Elle reçoit de nombreuses reconnaissances féodales. (Archives du Gard 2 E 54 102, notaire Gazay). 

 

1810 : le propriétaire est le baron de La Tour du Pin.(Cadastre classement 4).P3058291.JPG

Parcelles : N° : 220 et 224 : maison : 211 m² et 240 m² (451 m2), N° 221 : cour : 362 m², N° 222 : bergerie : 60 m², n° 335 : jardin :  299 m².   L’ensemble  forme le château.

 

1882 : il passe à M de La Tour du Villard, magistrat à Montpellier, président au tribunal civil de Tarascon.

1895 : il appartient à Raymond de La Tour  du Villard, résidant à Paris. 

1902 : Jean-Louis de la Tour du Villard, résidant à Nîmes. 

1915 : Ernest Béchard, par achat, puis Mme Camille Martin, née Béchard.

la tour du pin.JPG

 Interrogation

Le joli mascaron en forme d'artichaud que l'on voit encore sur le mur, ne serait-il pas en fait un des trois casques d'or qui figurent sur le blason des marquis de La Tour du Pin :

 

 

trois casques latour du pin.JPG
reconstitution "imaginaire" de ce qu'aurait pu être l'ensemble, à rapprocher du blason :
armoiries des la tour du Pin 3.jpg
"La Tour-du-Pin XVIIIe siècle, D'azur à la tour d'argent; au chef de gueules, chargé de trois casques d'or, tarés de profil."

09 juillet 2009

Le village aux trois châteaux (suite)

Quelques photos complémentaires...

la tour du pin détails.JPG
chateau latour du pin détail.JPG
Quelques vestiges probables de l'ancien château de Latour du Pin (ici la tourelle).

29 novembre 2008

La Calmette, une belle circulade gardoise

Il y a peu de "circulades" dans le Gard : Montpezat, Souvignargues, Aigremont et La Calmette.
Les villages circulaires sont apparus à une période d'invasions successives et une construction circulaire évitait de se faire surprendre car dépourvue d'angles morts.30la-calmette-1-0604.jpg

C'était aussi une technique d'arpentage fort utilisée car simple et efficace : il suffisait d'un piquet et d'une corde !

Peut-être aussi était-ce un symbolisme religieux (lire l'histoire des circulades de M. K. Pawlowski), l'idéologie médiévale est symbolisée par le cercle représentant la forme la plus pure, le symbole de l'infini et l'emblème de la force.
En principe, alors, l'église ou le temple figurait au centre. Il est trés probable que c'était le cas de La Calmette, mais on n'a pas trouvé trace d'un tel édifice pour l'instant.

La Calmette aurait plutôt une forme en "escargot" que faite de cercles successifs, ce qui va dans le sens d'un arpentage "à la corde".

Le coeur du village est l'ancien "castrum de Calmetta", tel qu'il est désigné dans un diplôme de 1211 et que les Calmettois appellent toujours "le fort". Il correspond à la partie circulaire bien visible sur cette photo aérienne et qui en fait une circulade.

Trois chateaux existaient dans le village ( il y avait bien aprés la guerre 5 bistrots!, mais c'est une autre histoire), qui le sait aujourd'hui?
Le chateau de Madame la vicomtesse douairière d'André
, situé au 5 à 9 rue de Valfons,
Le chateau du marquis de Valfons
au 9 de la rue de la République,
et
le chateau de la Tour du pin dont demeurent peu de vestiges au 29 et 31 du boulevard des remparts.

30la-calmette-54-0606.JPG

24 août 2007

curiosité historique au coeur de La Calmette

Régulièrement, je propose des petits aperçus historiques sur La Calmette qui j'espère vous interressent.


Aprés l'église "la cathédrale de la Gardonnenque" comme aimaient l'appeler les anciens aprés un vrai travail "de Romains" pour la construire en remplacement de l'ancienne église romane, la minoterie, la tuilerie, les élections de 1790, la misère de 1321, Marius, le premier soldat tué à la guerre de 14, etc.
je flânerai dans les rues et m'arreterai quelques fois pour vous dire ce que l'on sait d'un nom, d'une bâtisse, d'une histoire ...avant l'oublie
J'en ai plein mon sac comme on dit, mais j'espère bien que vous viendrez m'en conter d'autres, de ces histoires cucculentes que nos grands-pères racontaient!


medium_stele.JPG

Stèle à La Calmette (30)

Sculpture en pierre taillée gallo-romaine, utilisée pour la construction d'une riche maison (c'était tellement plus simple d'utiliser des pierres déjà taillée!) de belle dimension (h = 54 ; la = 56) que l'on peut admirer sur la facade de la maison de M. Fabre pour peu que l'on soit un peu attentif.

Cette "stèle" a fort heureusement été placée dans le mur avec sa face interne vers la rue, ce qui permet aujourd'hui de bien la voir et même d'en lire l'inscription latine.
Classé (liste objets classés MH) par la Direction du Patrimoine le 20 novembre 1940, on peut espèrer qu'il ne sera plus posible d'y toucher et qu'elle restera ainsi, même si elle appartient à une personne privée, à la disposition de tous.
On peut la voir au croisement de la route de Dions (rue de Valfons) , rue principale (rue de la République) et allées de Braune.