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12 octobre 2007

notre histoire appartient à tous et à chacun d'entre nous

"Le serre et la source", (le serre de l'Estouzin et la fontaine des mourgues.)....suite

 

Avant de continuer, quelques explications : un serre, c’est une « crête allongée et étroite, entre deux vallées, dans le midi. L’estouzin, ou Estelzin se trouve dans la vallée, au bord du ruisseau le « Goustajon », que l’on peut voir sur la gauche, en face de la station d’essence de l’ « Escalette », au niveau du croisement de la route de Dions.

C’était un des trois sites qui formaient le village de La Calmette. Notre Dame de l’Estelzin était un monastère de Bénédictines dont les beaux jardins étaient arrosés par une source « qui jamais n’a failli, même aux plus fortes sécheresses » : la fontaine des Mourgues.

Aujourd’hui, suite aux massacres d’une carrière, la fontaine des Mourgues continue (mais de plus en plus difficilement) de couler « sous une dalle de ciment la défigurant à jamais » nous dit M.L.Barbe dans son histoire de La Calmette.

Voilà, l’histoire que raconte le grand-père parle de tout ça, à sa façon bien sûr :

« Et dis le géant comment peut-on réduire un si gros rocher si épais si puissant en sable et en pierres cassées. Raconte ton histoire et tes déboires.

 

Et bien voilà, me dit-il, à cette époque on ne connaissait pas encore le coca cola, ni le rock en roll. Depuis les plus vieux âges, j’étais une montagne, dans le grand vallon, j’emplissais l’horizon, du haut de mon mont on voyait briller l’eau du Gardon et avec le serre du Bouquet, on se faisait des signes d’amitié.

 

Et un jour, c’était en 1936, je vis arriver des hommes, bien endimanchés, bien cravatés, sous le bras ils avaient des cartables. Je me suis dis c’est sûrement des notables, ils se sont arrêtés devant moi, m’ont toisé, mesuré, épié, ils me regardaient de bas en haut, moi je les regardais de haut en bas, ils tournaient en rond comme des mites. J’ai pu constater qu’ils étaient huit, ils ont pris des photos, planté des poteaux, ils ont fait le tour de mon ossature..à la fin, ils avaient les pieds en confiture et comme c’était midi, ils sont partis nous laissant tous les deux avec mon amie la source dans l’ennui et le souci. »

 

10 octobre 2007

notre histoire appartient à tous et à chacun d'entre nous

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai reçu aujourd'hui un joli cadeau : un "vétéran" du village m'a passé quelques feuilles comme on transmet un trésor. J'étais absent, c'est ma femme qui l'a reçu. Le blog de mon village lui a donné envie de me transmettre ces souvenirs, ses écrits.

C'est avec grand plaisir que je les publierai donc s'il me le permet. Pas d'un seul coup, les blogs rechignent à mettre des textes trop longs, lecture ordinateur oblige!, mais par feuillet, en plusieurs "épisodes" parfois.

Merci à lui pour ce vrai plaisir. Je les appellerai "les papiers d'un grand-père". Voici le premier :

"Le serre et la source", (le serre de l'Estouzin et la fontaine des mourgues.)

C'est l'histoire d'un serre et d'une source. Elle, c'était le Fontaine des Mourgues; lui c'était le serre d'Estouzin dont parlaient souvent nos anciens. Je parle du passé car tout ça sera bientôt périmé.

La nature a fait en sorte au centre de cette place morte l'arrangement ou un mariage entre un serre et une source.

Et voilà que par un beau dimanche d'hiver aprés-midi de promenade en passant par la manade, mes pas m'ont conduit au centre de cette carrière où je me suis assis sur un bloc de pierre en compagnie de beaucoup de poussière. Sans permanence, sans surveillance, tout était silence, et face à cette grande muraille pleine de déchirures, de fissures et de failles , du fond de ce vallon, je me suis imaginé de rentrer avec cette pauvre montagne en conversation. Où tout était tranquille, les ouvriers étaient rentrés chez eux, à la ville.

(suite et explications demain)