09 février 2009

Une poulide istôri de chez "Mado"

C'est un site vraiment passionnant tenu par Georges Mathon : Nemausensis.com.

J'y ai trouvé cette histoire savoureuse. Je vous la propose et l'ai traduite dans la note précédente si vous ne comprenez pas notre patois : 

Une page, en patois local,

écrite et racontée par notre ami Maurice Fraysse.

 ***

   

L’autre jour ma pichote me digué :

 « Papet, on va manger chez Magdo, emmène moi chez Magdo. »

 M’a fa veïre lou camin é l’aï emména manja « chez Mado ». Maï, couquin, aï esta conntent dou viaje !

M’an adu un sanviche qué, bade qué badaras, moun dentier ere pas proun gran ! « Pichote, de qué i a tant aqui dédins ? »

« Eben, me digué ma péquélette, c’est du painaméricain avec un bifetèque aux hormones, des tomates aux géhèmes et du kécheupe ».

 

« O fan de pié ! Podé pas manja aco, aï jamaï manja tant de saloupa¨é. Vole pas manja des hormones, des géhènes des kécheupes et des américounïé ».

« Mais, papet, ça se passe comme ça chez Magdo »

Aho ? é déqué se bèn amé tout aco, de Coste dou Rosé ? »

« Non ! tu peux choisir entre du caca - cola et de l’eau avec un coquetèle de chlore et de nitrate ».

 

« O couquinasse ! Mont’eï aquèle Mado qué i é digué dous mots ! Eben la Mado l’aï pas viste. M’en fa un tas de conté e de gran discours que i aï ren coumpres, mais la Mado, l’aï pas viste. Crese que a tant vergougno de sa biasse que voou pas sourti de darrié si fourneu.

Tan ben, ma pichotte a esta countente : i an baä un arleri, une counnaïé, un pokémon, crèse.

Alors i aï dit a ma péquélette :

« Vuole pus entendre parla d’aquele sartan de Mado que voou empouisonna, lou cos que ven annem manjà chez José Bové

 

 

Une poulide istôri de chez "Mado"

Traduction pour mon ami Ulysse notamment de cette "jolie petite histoire de chez Mado" :

 L'autre jour, ma pitchote me digué:

L’autre jour ma petitoune me dit :

« Papet, on va manger chez Magdo, emmène moi chez Magdo. »

Papé, on va manger chez Mac Do, emmène moi chez MacDo

M’a fa veïre lou camin é l’aï emména manja « chez Mado ».

Elle m’a montré le chemin et je l’ai emmenée manger « chez Mado »

Maï, couquin, aï esta countent dou viaje !

Mais coquin ! j’ai été content du voyage !

M’an adu un sanviche qué, bade qué badaras, moun dentier ere pas proun gran ! « Pichote, de qué i a tant aqui dédins ? »

M’ont donné un sandwich que, ouvre que tu ouvriras, mon dentier n’était pas assez grand ! petite, qu’est ce qu’il y a tant là dedans ?

« Eben, me digué ma péquélette, c’est du painaméricain avec un bifetèque aux hormones, des tomates aux géhèmes et du kécheupe ».

Et bien, me dit ma petitoune, c’est du pain américain avec un beefsteak aux hormones, des tomates aux OGM et du ketchup

« O fan de pié ! Podé pas manja aco, aï jamaï manja tant de saloupa¨é. Vole pas manja des hormones, des géhènes des kécheupes et des américounïé ».

Oh Fan des pieds ! Je ne peux pas manger ça, j’ai jamais mangé tant de saloperies. Je veux pas manger des hormones, des « GM », des ketchup et des américaneries

« Mais, papet, ça se passe comme ça chez Magdo »

Aho ? é déqué se bèn amé tout aco, de Coste dou Rosé ? »

« Non ! tu peux choisir entre du caca - cola et de l’eau avec un coquetèle de chlore et de nitrate ».

 

« Mais papé,« ça se passe comme ça chez Mac Donald ! » »

« Ah ? et qu’est ce qui se boit avec ça ? un costière (ou un coup) de rosé ? »

« Non ! tu peux choisir entre coca cola et de l’eau avec un cocktail de chlore et de nitrate ».

« O couquinasse ! Mont’eï aquèle Mado qué i é digué dous mots ! Eben la Mado l’aï pas viste. M’en fa un tas de conté e de gran discours que i aï ren coumpres, mais la Mado, l’aï pas viste. Crese que a tant vergougno de sa biasse que voou pas sourti de darrié si fourneu.

Tan ben, ma pichotte a esta countente : i an baä un arleri, une counnaïé, un pokémon, crèse.

 

Oh coquinasse ! Montre moi cette Mado que je lui dise deux mots !

Et ben la Mado, je l’ai pas vue. On m’a fait un tas de contes et de grands discours que j’ai rien compris, mais la Mado, je ne l’ai pas vue. Je crois qu’elle a tellement honte de sa nourriture qu’elle n’a pas voulu sortir de derrière ses fourneaux.

 

Aussi bien, ma petitoune a été contente, elle a bu un ( ?arlésienne ou comique au sens de pas fiable ) arleri, une connerie, un pokémon, va savoir .

Alors i aï dit a ma péquélette :

« Vuole pus entendre parla d’aquele sartan de Mado que voou empouisonna, lou cos que ven annem manjà chez José Bové »

 

 

Alors, j’ai dit à ma péquélette : « Je ne veux plus entendre parler de cette (poêle à frire) espèce de Mado qui veut nous empoisonner, la prochaine fois on ira manger chez José Bové »

 

21 octobre 2008

COUPO SANTO

Voici un hymne à la gloire de la paix retrouvée et au bonheur de boire avec ses nouveaux amis...et entre Provençaux et Catalans l'histoire n'a pas été toujours tendre... si quelques gounaffiers venaient à le siffler, ça serait presque drôle ! De plus, on reste assis quand on l'entonne, connaissez-vous beaucoup d'hymne où c'est le cas ? J'aime bien aussi la petite pique sans manquer de respect aux religieux...

1er couplet

Provençau, veici la coupo

Que vous vèn di Catalan.

Adereng beguen en troupo

Lou vin pur de nostre plant.

 

1er couplet

Provençaux, voici la coupe

Qui vous vient des Catalans.

Tour à tour buvons ensemble

Le vin pur de notre plant (cru).

 

Refrain

Coupo Santo

E versanto, vuejo à plen bord,

Vuejo abord lis estrambord

E l’enavans di fort

 

Refrain

Coupe Sainte

Et versante*, verse à plein bord,

Verse à flots les enthousiasmes

Et l’énergie des forts

2 e couplet

D’un vièi pople fièr et libre

Sian bessai la finicioun ;

E, se tombon li Felibre

Toumbara nostro nacioun.

 

2 e couplet

D’un peuple ancien, fier et libre

Nous sommes peut-être la fin ;

Et, si tombent les Félibres

Tombera notre nation.

 

3 e couplet

D’uno raço que regreio

Sian bessai li proumié gréu ;

Sian bessai de la Patrio

Li cepoun email li ptiéu.

 

3 e couplet

D’une race qui regerme

Nous sommes peut-être les premiers jets ;

Nous sommes peut-être de la Patrie

Les « cepoun» et aussi les chefs.

Cepoun : le petit œil qui germe sur le cep

4 e couplet

Vuejo-nous lis esperanço

Et li raive dou jouvent,

Dou passat la remenbranço

E la fe dins l’an que vèn.

 

4 e couplet

Verse-nous les espérances

Et les rêves de la jeunesse,

Du passé le souvenir

Et la foi dans l’an qui vient.

 

5 e couplet

Vuejo-nous la couneissènço

Dou Verai emai dou Bèu,

E lis àuti jouissènço

Que se trufon dou tombèu.

 

 

5 e couplet

Verse-nous la connaissance

Du Vrai et aussi du Beau,

Et les hautes jouissances

Qui se moquent  du tombeau.

 

 

6 e couplet

Vuejo-nous la Pouesio

Pèr canta tout ço que viéu

Car es elo l’ambrousio

Que tremudo l’ome en Diéu

 

6 e couplet

Verse-nous la Poésie

Pour chanter tout ce qui vit,

Car c’est elle l’ambroisie

Qui transforme l’homme en Dieu

 

7 e couplet

Pèr la glori dou terraire

Vautre enfin que sias counsènt,

Catalan, de lieun, o fraire,

Coumunien toutis ensèn !

 

7 e couplet

Pour la gloire de la terre (du pays)

Vous enfin qui êtes d’accord,

Catalans, de loin, ô frères,

Tous ensembles communions !

21 décembre 2007

Nouvè ou Nadal ?

Nouvè c'est Noël en provencal... Nadal c'est Noël en occitan.

La proverbe dit a Nadal 'me tei parents, à Pasquo 'me toun cura ! (à Noël, avec tes parents, à Pacques avec ton curé), tant il est vrai que Noël est une fëte de famille.a23bc40cbf47ebd454f37b219e2f3af7.jpg

Lo Nadalet, c'est la semaine avant Nadal, celle où l'on se précipite pour trouver des cadeaux...et si vous avez mis dans l'eau tiède "lo blat de Santa Barba"( le blé de sainte Barbe) ou les lentilles en temps voulue, vous aurez une belle assiette de verdure pour Noël!

On va brûler lo soc de Nadal dans la cheminée... ou s'en régaler dans l'assiette...(la bûche de Noël)

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Et nos santons ? ça vient de l'occitan "santou" qui signifie "petit saint", joli non ?

09 décembre 2007

poètes cévenols

Bien aimé la fin de ce petit poème lu dans "en Gardonnenque" (journal gratuit catholique dispo chez les commerçants) :

Per laissa queste messajé,

per lous quésé fisou à l'arjen

disié à la roundo, en riguèn :

"tant qué la bourso faî tintin,

toul ou moundés ès toun cousin

quan la bourso faî flafla

déngus mai té counéi pas"

pour laisser ce message, pour ceux qui se fient à l'argent, disait à la ronde, en riant :

"tant que la bourse fait tintin (est peine)

tous le monde est ton cousin

quand la bourse fait flafla (est vide)

personne ne te connaît plus"

C'est joli, non ? fait "tintin" et fait "flafla"

21 août 2007

Voou miès estre couyoun que mairo...

"Voou miès estre couyoun que mairo

couyoun va sias joujou,

maire pouedoun vou levar"

Quand on lit "les proverbes et dictons provencaux", on découvre tout un univers savoureux à travers la "sagesse" paysanne et populaire qu'illustrent ces proverbes. On est donc un peu éloigné de la langue occitane dont je vous parle souvent mais que j'aime bien. Si j'ai été bercé enfant par le patois de mes grands-parents, j'ai été éduqué, si j'ose dire à travers le provencal ( j'ai même joué une pastorale tout en provencal à Aix).

je me permets donc cette petite transgression pour illustrer la période électorale où nous entrons et parler du "maire". S'il est un "péché sans miséricorde" dans l'univers "des stratégies paysannes défensives", c'est bien celui d'être un couillon, un "couyoun".

Et si derrière l'image dérisoire du couyoun ne s'esquisse pas celle du ravi de la crèche, avec toute l'indulgence un peu condescendante qu'il mérite, le couyoun ne serait-il pas le plus fin de tous, faisant l'âne pour avoir du foin ?

Ce maire, dont la seule différence avec le "couyoun", c'est qu'on peut le remplacer, tandis que couyoun, on le reste toute sa vie ! ("Il vaut mieux être couillon que maire   couillon, on l'est toujours     maire, on peut vous révoquer")

Lo Cometiér

On appelait souvent les gens par leur surnom, du temps de mes grands-parents, et c'était parfois cocasse. Comme dit L. Chaleil, on ne connaissait plus parfois le vrai nom de ceux qu'on avait tant habitués à appeler ainsi.

Je me souviens biens du "muet" et de bien d'autres dont je tairai les surnoms par correction pour leur famille ( je ne suis pas encore assez vieux ).

Moi, quand je travaillais à Paris, un de mes amis m'appelait souvent "la calmette", ce nom lui plaisait et ça le faisait toujours rire. Ici, on m'aurait appeler "lo Cometiér"... je dois traduire ?

(le calmettois ) parce que je suis né à La Calmette un jour d'hiver - difficile d'aller à Nîmes en ce temps-là !  et que je peux aujourd'hui passer sous la fenêtre où j'ai poussé mon premier cri, non sans quelquel émotion. Ne me demandez pas ce que j'ai crié ce jour-là, c'est trop personnel pardi, saïque !

20 août 2007

la galina a cantat, se passa quicôm

pour agrémenter ma petite note à JJ d' Uzès, je lui dirai comme disaient nos vieux : "la galina a cantat, se passa quicôm"

(la poule se met à chanter... il se passe quelque chose)

patois ou occitan ?

Enfant, j'entendais mes grands parents parler patois. J'adorais ça mais ma grand-mère a tant pesté pour que mon grand père nous parle en français " tu vas les faire gronder à l'école !" ou "ils seront derniers, c'est ça que tu veux ? qu'on se moque d'eux ?"

Faut dire que l'institutrice l'aidait bien dans cette entreprise d'interdiction de parler patois. Que de punitions ont été infligées parce qu'on confondait certains mots ou employait des expressions typiques du patois. Je ne discutterais pas ici de l'utilité ou non d'avoir imposé une langue unique dans tout le pays, ça semble évident aujourd'hui... et pourtant, fallait-il faire disparaître cette langue pour autant ? bien sûr que non !

J'ai envie de dire le "patois" et non pas l'occitan. C'est notre patois que j'aimais, le reste n'est que querelle d'expert ou de nouveaux "nationalistes" en mal de langue. Certes c'est souvent employé avec un sens péjoratif, qui comme dit L. Chaleil, signifie "langue dégradée".

Moi, j'ai envie de dire que le patois c'est la langue. C'est celle qu'on parlait. Peu m'importe qu'il y avait des disparités apportées par nos paysans de parents... c'était dégrader ou enrichir ?

Bref, c'était la langue occitane, peut-être parfois avec quelques libertés dans les mots et expressions, mais qu'elle était belle à mes oreilles ! ces oreilles que mon grand-père voulait "couper en pointes" quand il était en colère contre nous .

Je continuerai à vous donner quelques expressions dans ma rubrique "langue accitane", mais de grâce prononcer bien :

lh se prononce ill ( palha : pailla), nh : gn ( castanha : castagna), o : op, ô : o, le "r" final n'est pas prononcé... et surtout, ttes les diphtongues sont prononcées : biou, c'est pas biou, mais "bio-ou" comme quand on appelle ohouh!

ok ? (ça c'est pas patois !)

19 août 2007

meteo

"cièu motonat e femma fardada, son pas de longa durada"

(ciel moutonné et femme fardée sont pas de longue durée) entendait-on quand des cirrus ou cirro stratus egayaient le ciel bleu, signe de beau temps à venir

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