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28 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 9 et fin)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 9 et fin)

Tiberius entra dans une rage noire « Ah te voilà bien toi ! Comme toujours, tu recules et si je décide comme je le devrais par bienséance, tu me le reprocheras toute notre vie ! Prend tes responsabilité après tout et dis-moi ce que je dois faire pour punir ces voyous…»

Patricia bondit « Comment peux-tu appeler ces enfants des voyous ? S’ils ne t’ont encore rien dit c’est qu’ils craignaient la colère du grand Tiberius ! Et toi, as-tu seulement demandé à Verus ce qu’il en pensait ? Sais-tu seulement qu’on en a parlé avec Lucia et que cette union nous plairait beaucoup, déjà on en riait quand ils étaient encore dans notre ventre »

Tiberius la regarda sidéré… « Et bien soit ! Mais ne venez pas me chercher quand les problèmes surgiront avec nos amis »

«  Nos amis, je m’en charge, se mit à rire Patricia, et s’ils ne veulent plus nous recevoir, c’est qu’ils ne méritent pas le nom d’amis et bon débarras »

Une vague de bonheur et de joie traversa la maison, Julia se jeta dans les bras de son père qui se mit à rire d’autant de bon cœur que quelque chose venait soudain de se libérer en lui.

« Quant à toi Marcus, tu as intérêt à me donner le secret de cette huile, c’est une merveille ! ».

 

En fait Marcus avait trouvé le secret de l’huile extra vierge, pressée sans aucun chauffage et totalement pure, sans aucune acidité, ce qui lui conférait ce goût si parfait, mais ça, à l’époque personne ne savait le faire… et l’or des oliviers de Julia garda encore longtemps son secret, bien après que le mariage soit consommé et que trois petits bambins vinrent agrandir la maison, la villa « calmetta », petite colline, comme on l’appelait déjà.

 

J. Montbrun (août 2018)

27 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 8)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

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Le secret de Marcus (page 8)

...Tu vas voir qui est le maître ici»

Julia ne s’attendait pas à cette réaction soudaine de la part de son père, même si ça lui semblait aller dans le sens de ce à quoi Marcus et elle s’attendaient et qu’ils craignaient. Elle était pourtant persuadée qu’elle pouvait faire céder son père comme elle avait toujours su le faire, mais cette fois sa colère semblait être dominée par quelque chose de plus important que ses sentiments. Tiberius sortit et alla voir Patricia. Marcus était là. Il pleurait.

-« Que fait ce sacripant ici Patricia ? Sais-tu ce qu’il complote avec ta fille ? La liberté ne lui a pas suffi ni toutes les aides que je lui ai apportées, il veut aussi prendre ma fille et son héritage ! Sous mon propre toit ! N’as-tu pas honte ? Ton père et ta mère vont en mourir quand ils vont savoir que je te jette dehors, car tu ne mérites que ça ! »

-« Calme-toi, dit Patricia soudain. Ne laisse pas ta colère te faire dire des choses que tu regretteras ensuite. Je comprends ton emportement et j’ai moi-même eu beaucoup de mal à accepter. Mais tu sais, il y a bien longtemps que j’ai compris que ces deux-là s’aimaient vraiment. D’ailleurs, Servius ne cesse de charrier Julia avec son mariage et l’a accepté depuis toujours. Regarde l’avenir. S’ils se marient et vivent près de nous, on pourra les aider et profiter de nos petits-enfants. Penses-y Tiberius. »

Tiberius regardait sa femme, incrédule, sidéré, tellement déconcerté qu’il sortit sans rien dire et partit marcher dans les champs alentours

-« Laisse-le réfléchir, dit Patricia, et file chez toi qu’il ne te trouve pas ici à son retour. Le plus difficile reste à venir, mais tu dois avoir confiance, c’est un homme bon et généreux. Va, file ! » Julia arriva sur ces faits et regarda sa mère, éberluée. Ainsi, celle qu’elle croyait la plus opposée à cette union s’avérait être sa plus fidèle alliée

-« Oh maman merci, merci. Tu vois Marcus, tout n’est peut-être pas perdu ! » Elle se jeta à son cou et Patricia dut intervenir « Crois-tu que ton père appréciera de vous trouver ainsi s’il revient ? Allez, filez tous les deux. Tu vois, Julia, si on avait voulu m’empêcher d’épouser ton père il y a 20 ans, je sais ce que j’aurais été capable de faire et je sais que ma fille me ressemble… » Elle riait et Julia la prit dans ses bras tandis que Marcus sortait.

La nuit fut longue pour Tiberius. Comment s’avouer qu’en fait ce mariage était une bénédiction sans perdre la face ? Comment reconnaître que celle qui le faisait le plus craindre cette union semblait en fait en être la plus fervente partisane. ? Ainsi Patricia n’était pas si à cheval sur les principes et la peur des commérages. De plus, le succès grandissant des huiles « l’or des oliviers de Julia » n’était pas pour rien à la renommée de sa villa, et Marcus était seul à en connaître le secret.

Le lendemain, Julia et Marcus se présentèrent ensemble dans la domus de Patricia et Tiberius. Les deux amoureux avaient dû s’armer de courage pour affronter le maître. A peine arrivés en face de lui, Patricia étant légèrement restée en retrait, Julia pris la parole avant Marcus : « Père, qu’as-tu décidé ? Si tu n’accordes pas ma main à Marcus, nous partirons tous les deux. C’est avec lui que je veux construire ma vie. » Tiberius regarda Marcus, son regard était  glacial : « Et toi, jeune homme, tu oses venir dans ma maison avec des menaces comme celles de Julia ? Tu crois pouvoir enlever ma fille comme ça ? »

Marcus n’avait toujours rien dit, vingt fois il avait tourné et retourné ce qu’il allait dire, mais rien ne sortait…puis tout se mit en marche et il lui sembla que plus rien ne pourrait l’arrêter « Non, maître, je ne viens pas enlever Julia ni vous affronter. Je sais que quoi qu’il arrive, c’est elle que j’aime et que j’aimerai toujours. Ne me refusez pas sa main, j’ai trop le désir d’être à vos côtés pour continuer cette aventure, poursuivre nos affaires ensemble, vous donner une famille aimante, et…

Soudain il ne put plus aller plus loin et ne put que garder le silence en regardant l’homme dont dépendait sa vie future, et la femme dont il espérait le secours mais qui restait silencieuse.

Tiberius ne disait rien non plus et ça ne faisait qu’accroître sa gêne. L’air était si pesant… des larmes de colère ou de peur venaient aux yeux de Marcus et l’émotion lui serrait la gorge.

Tiberius se tourna vers Patricia, comme pour éviter de voir Marcus pleurer « Que dis-tu, femme ? Puisque je ne suis plus le maître dans ma maison, peut-être que tu sauras me dire ce que je dois décider ? Patricia baissait les yeux.

Soudain Marcus prit la parole « Maître Tiberius, je vous supplie d’écouter votre cœur. Ne vous inquiétez pas pour nos affaires, si je dois partir vous pourrez continuer à vendre l’or des oliviers de Julia puisqu’il lui appartient et je lui ai confié le secret de sa fabrication. Je ne veux pas enlever votre fille et même si je ne conçois plus la vie sans elle, je sais qu’elle sera trop malheureuse séparée des siens et m’en voudra un jour. Notre vie est entre vos mains »

-« Tais-toi Marcus ! Ne joue pas les grands seigneurs devant nous alors que tu sais très bien à quoi t’en tenir »

Tiberius tremblait de colère et se retourna à nouveau vers Patricia, « Alors ? ».

Patricia releva les yeux vers lui « Tiberius, tu connais mon sentiment. Pourquoi fais-tu comme si je devais être celle qui décide et à qui tu pourras plus tard le reprocher ! Ces enfants s’aiment et méritent de vivre heureux ensemble, mais c’est toi seul qui doit décider aujourd’hui de leur sort »

26 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 7)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

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Le secret de Marcus (page 7)

-« Alors Marcus ? Comment dois-je interpréter ton silence et ta gène ? »

Marcus sentait dans le ton de Tiberius qu’une colère rentrée le dominait. Il était terrorisé intérieurement à l’idée de perdre Julia et de briser tout ce à quoi il travaillait depuis si longtemps. Que faire ? Nier l’évidence et devenir parjure ? Et comment le prendrait Julia si elle l’entendait assurer qu’il n’y avait rien entre eux, qu’ils ne s’aimaient pas… Rien ne sortait de sa bouche. Il devenait livide.

Tiberius avait plus que de l’amitié pour ce garçon qu’il aimait comme son propre fils. Sa colère s’apaisa un peu en le voyant si penaud

-« Va retrouver Verus immédiatement et parle avec lui.  Il saura te conseiller. J’appelle sur le champ Julia. Allez va, sors de ma vue pour l’instant, on se retrouvera ici ce soir ! »

Marcus sortit un peu soulagé, mais il lui semblait que le monde s’écroulait sous ses pieds. A peine était-il sorti qu’il entendit Tiberius appeler Julia. Le ton ne laissait pas de doute sur son irritation. Julia sortit du triclinium où elle œuvrait à la préparation de la table pour le diner et aperçut Marcus qui sortait dans le jardin. Elle avait envie de l’appeler, mais Tiberius ne lui en laissa pas le loisir

-« Viens me rejoindre dans le tablinium, Julia, j’ai à te parler sur le champ. »

Julia suivit son père dans le bureau de réception. Après s’être assis, il lui indiqua de faire de même et remonta sa toge sur ses genoux

-« J’entends des bruits qui courent sur tes relations avec Marcus. Tu sais que j’aime ce garçon comme mon propre fils, mais tu sais aussi qu’il est fils d’esclave, même s’ils sont aujourd’hui affranchis, et que la société romaine ne tolère pas… » Julia lui coupa la parole, ce qui n’était pas dans ses habitudes ni dans les mœurs de la bonne société, mais Tiberius n’en tint pas compte et se mit à l’écoute

-« Père, s’il-te-plait, n’en dis pas plus. J’ai beaucoup réfléchi à cette situation. Maman et toi n’avez jamais vraiment considéré Verus et Lucia comme des esclaves ni d’ailleurs comme de simples serviteurs. Servius et Marcus sont comme des frères, et je les aime tous les deux. Leur complicité n’a jamais failli, et quand Marcus s’est lancé dans les affaires avec ton assentiment, Servius lui a donné toute l’aide possible, tu le sais bien. Enfin, Marcus est aujourd’hui un homme libre et un travailleur vaillant, il a construit une maison digne d’un colon. Il a développé des réseaux de clientèle particulièrement importants, et digne de la noblesse patricienne aussi bien économiquement que socialement. Ne crois-tu pas qu’il est temps de considérer mes sentiments comme supérieurs au « qu’en dira-t-on » des plébéiens ? »

Tiberius écoutait, un peu sidéré, même si depuis longtemps il avait appris à considérer sa fille comme une femme libre, intelligente et intègre.

-« Tu n’as jamais eu ta langue dans la poche Julia, et je sais que tes arguments finiront par me porter à reconsidérer des positions pourtant solides. Crois-tu qu’après tes refus d’épouser des partis riches et puissants qui ont mis ta mère dans tous ses états, elle avalera ce que tu viens de me dire ? »

-« Si tu me soutiens père, bien sûr qu’elle y viendra. Elle reconnaît d’ailleurs les mérites de Marcus »

-« Mais qui t’as dit que je te soutiens ? Crois-tu que parce que je t’écoute avec bienveillance, cela signifie que je suis d’accord ? Je veux avant tout que tu sois heureuse, mais il n’est pas question que ma fille devienne une femme du peuple qu’on regardera avec mépris ! Comment crois-tu que tous nos amis de la nobilitas vont réagir ? »

-« Père, Marcus est un homme libre. Les mariages entre patriciens et plébéiens sont autorisés par la loi Canuleia et je sais que tu en es un fervent partisan. Pourquoi refuserais-tu à ta fille ce que tu réclames pour les autres ? »

-« Ah parce que tu parles mariage maintenant ? C’est de ça que vous parlez avec Marcus ? Laisse-le venir me demander la main de ma fille, tu verras comme il sera reçu ! Je suis très en colère contre vous deux ! Va dans ta chambre immédiatement, je vais en parler à Patricia mais je connais déjà sa réponse. Tu vas voir qui est le maître ici»

25 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 6)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

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Le secret de Marcus (page 6)

Marcus la regarda, stupéfait. Elle ajouta : « Ton père a raison, je vais y réfléchir cette nuit et te donnerai ma réponse demain »

Marcus était à la torture et il avait l’air si démuni que Julia eut toutes les peines du monde à ne pas lui sauter au cou pour le rassurer.

-« Bien, finissons ces secundae mensae (desserts) et allons-nous coucher, on reparle de tout ça demain » déclara Tiberius, amusé par cette scène.

Quelques années passèrent, Julia et Marcus s’aimaient en cachette tendrement tandis que les affaires de Marcus prenaient de plus en plus d’importance. Tiberius ne cachait pas sa joie de voir la réussite de son petit protégé, d’autant que les bénéfices devenaient nettement positifs. Jamais les oliveraies de sa fille n’avaient autant rapporté et Tiberius s’en félicitait. Les commandes avaient tellement progressées malgré le prix élevé de ses huiles que Marcus avait dû se procurer des olives chez des paysans du coin pour fournir. Redoutable négociateur, il n’achetait que les olives de son choix, suivant des références et une façon de les récolter très précises. En bref, Marcus était devenu riche.

Il avait fait construire une maison, bien plus grande et solide que les maisons au toit de chaume de ses parents. Certes, ce n’était pas la ferme de Tiberius, mais elle avait des proportions bien supérieures à celles des simples masures celtiques. D’abord, il avait ajouté des chambres, une culina (cuisine) indépendante de la pièce centrale, avec une réserve, et même un lieu d’aisance éloigné avec l’eau courante. Le jardin devant la maison était planté de fleurs, chose incroyable à cette époque où le moindre carré de terre servait surtout à cultiver des légumes et autres produits consommables.

A l’arrière, le jardin potager et il avait construit sur le côté un parc pour le cochon et les poules, une petite étable pour une ou deux vaches et une belle écurie pour son cheval de trait. De l’autre côté un atelier et un hangar pour ses réserves et pour ses outils, de même qu’un grenier sur pilotis pour stocker les céréales à l'abri des animaux et des souris.

Un jour, il avait invité Tiberius à voir «sa maison», et ce dernier avait été surpris des dimensions et de l’ingéniosité de la construction. Restait un point important, mais encore au-delà de ses moyens : pouvoir presser ses olives et stocker lui-même son huile à domicile. Il lui fallait pour cela une surface bien plus grande, et surtout avoir les fonds nécessaires. Construire un pressoir, et même deux pour le raisin, un moulin, indispensable pour une huilerie, un espace avec quelques dolias pour avoir des réserves sur place et surtout un lieu où garder ses amphores, tout cela demandait des moyens qu’il n’avait pas.

De plus, comme son huile était destinée essentiellement à être transportée jusqu’à Massilia puis sur des bateaux, il ne pouvait la conserver qu’en amphore.

Tant que Tiberius lui offrait l’opportunité de faire tout cela dans sa ferme, c’était bien, mais Marcus voyait bien le manque à gagner que ça représentait. Ses affaires marchaient bien et il fourmillait de projets. Il avait tout maintenant pour être heureux, libre et riche, passionné par son travail… et pourtant ! il faisait tout ça pour celle qu’il aimait. Elle le rejoignait souvent et l’aidait à s’installer en lui envoyant quelques serviteurs discrètement, mais ils ne supportaient plus de devoir cacher leur amour.

Un jour pourtant, leur secret si précieusement gardé, fut découvert. Tiberius convoqua Marcus à la villa.

-« J’attends quelques explications, Marcus. J’ai eu vent de rumeurs détestables et j’aimerais que tu me rassures à ce sujet. Je ne peux croire à de tels ragots te concernant, tu sais que je t’ai en grande estime et que je n’hésite pas à t’aider dans tes projets. »

-« Que se passe-t-il, maître Tiberius ? »

-« Il se passe que des bruits courent sur des relations, comment dire ça, oui des relations entre ma fille Julia et toi. Comment est-ce possible ? »

Marcus sentit ses jambes défaillir et dût s’appuyer contre la table. Comment s’en sortir ? Il ne voulait pas mettre en danger Julia et s’affolait à l’idée que son père puisse la renvoyer loin d’ici. Tout cela tournait à toute vitesse dans sa tête.

-« Alors Marcus ? Comment dois-je interpréter ton silence et ta gène ? »

24 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 5)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

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Le secret de Marcus (page 5)

La soirée fut bien triste à la villa où tout le monde, et surtout Julia, trop inquiète, ne pouvait se résoudre à dormir. La cena (repas du soir) dans le triclinium, où Lucia avait été invitée à se joindre au couple sur les lits, s’était déroulée dans une ambiance chagrin. Même le gustacio amené en amuse-gueules par les serviteurs n’avait pu passer.

Soudain des cris alertèrent les convives, des serviteurs criaient au dehors, ce qui n’était pas coutumier en soirée où on respectait en principe le repos des voisins. Ils se levèrent comme un seul homme et coururent pour voir ce qui se passait. Verus et Marcus arrivaient et semblaient épuisés. La joie de cette fin heureuse évita à Marcus les réprimandes envisagées, même s’il semblait évident que Verus lui avait déjà passé un bon savon !

-« Venez manger, leur dit Patricia, car j’imagine que vous n’en avez pas eu le temps. Vous nous raconterez. »

Le repas fut resservi et Marcus expliqua qu’il s’était trompé de route après son entrevue avec l’emporos, laquelle avait fini bien tard. « Pardonnez-moi père, et vous aussi maître, je n’ai rien dit car je voulais vous faire une surprise. En fait, ça s’est bien passé et j’ai reçu commande de cent amphores d’huile de l’or des oliviers de Julia, avec obligation de peindre ce nom sur les récipients, à un prix que je n’aurais même pas pu imaginer. Et l’emporos m’a promis de plus fortes commandes si comme il l’espère notre huile d’olives est autant appréciée que par lui. »

Marcus avait du mal à cacher son enthousiasme. Tiberius prit la parole : « Je t’ai déjà demandé de ne plus m’appeler maître puisque ton père et toi avez été affranchis. Ensuite, apprend à te méfier de cet emporos que je connais assez bien et surtout ne livre pas cette commande sans en avoir reçu préalablement le paiement. Par contre, c’est un marchand sérieux et s’il te propose ce prix, c’est qu’il a déjà preneur ».

Il marqua un instant le silence, et personne n’osait prendre la parole.

-« Comment comptes-tu t’y prendre d’ailleurs, dit-il enfin, en admettant que ta formule soit sûre et cette huile excellente, pour trouver les artisans capables de peindre sur les amphores le même dessin, et où iras-tu chercher une telle quantité d’olives? Il ne me semble pas que tu aies tant d’oliviers que ça à ton nom avec les quelques oliveraies que je t’ai laissées ! »

Marcus n’osait rien dire. Julia prit la parole pour venir à son aide

-« Père, je peux lui laisser mes oliveraies et quelques terres que nous planterons en plus si ce commerce marche bien. Qu’en pensez-vous ? »

-« Et comment veux-tu que je livre mes clients fidèles si toute notre huile part chez cet emporos ? Tu oublies que tes oliveraies sont celles de notre famille ? »

Devant la mine déconfite de sa fille, Tiberius se mit à rire. Alors soit, vous ferez comme vous le souhaitez. Je ne vais pas décourager cette heureuse initiative, mais je veux être le premier à goûter ce breuvage si important !

Julia se jeta dans les bras de son père et l’embrassa avec mille remerciements

-« Tout doux, ma fille, ce n’est pas à toi que je donne ces biens à gérer que je sache… que dis-tu Marcus ? »

-« Oh merci maître, euh pardon, Tiberius, je suis très heureux et ferai tout pour ne pas vous décevoir. »

Verus n’avait rien dit encore. Marcus le regarda avec interrogation

-« Eh oui Marcus, je ne dis rien. Il me semble que tu oublies que nous avons notre mot à dire, ta mère et moi, non ? »

-« Bien sûr, père, ce n’est qu’avec votre consentement que je me lancerai dans cette aventure, mais avant, il me fallait savoir si elle était réalisable. »

-« On va y réfléchir jusqu’à demain… et tu ferais bien de réfléchir aussi jusque-là mon fils avant de te décider vraiment. D’ailleurs, peut-être que tu devrais demander à Julia si elle est d’accord pour que tu utilises son nom. C’est peu commun de vendre quelque chose qui porte un autre nom que celui de son propriétaire ! Je ne l’ai en tout cas jamais vu. »

Julia fit une moue charmante et dubitative, elle semblait réfléchir … « Hum, oui en effet, je n’ai pas très envie de voir mon nom écrit partout»

Marcus la regarda, stupéfait. Elle ajouta : « Ton père a raison, je vais y réfléchir cette nuit et te donnerai ma réponse demain »

(à suivre demain)

22 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 3)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

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Le secret de Marcus (page 3)

Un jour de printemps, alors qu’il était seul sur l’échelle à « pincer» les oliviers afin de limiter l'allongement des branches et favoriser la ramification, Julia l’interpella gaiement

–« Bonjour Marcus, crois-tu qu’il va pleuvoir que les tiots sont perchés ? » 

Marcus fut surpris, ne l’ayant pas entendue venir, et se mit à rire

-« Moque toi Julia, tu te moqueras moins quand tu goûteras l’huile parfumée que j’espère tirer de ces arbres. Je voudrais l’appeler l’or des oliviers de Julia si tu es d’accord et si ton père accepte. J’ai déjà repéré quelques amphores de couleur claire qui seraient parfaites pour cette cuvée ». Julia ressentit une vague de chaleur l’envahir et ne savait plus comment réagir

-« C’est vrai ? C’est gentil de ta part », se prit-elle à murmurer tout en essayant de cacher son trouble.

-« Comment, que dis-tu Julia ? » demanda Marcus en se tournant vers elle et se pencha un peu quand tout à coup son pied glissa et le garçon tomba à la renverse sur la terre caillouteuse.

Tandis qu’il restait un peu étourdi par le choc et s’inquiétait de savoir s’il ne s’était pas cassé quelque chose, il se retrouva dans les bras de Julia qui l’avait enlacé, effrayée et soucieuse

-« Ne bouge pas Marcus, regarde-moi et dis-moi si tu as mal. Peux-tu bouger tes bras ? Et ta tête ? Et tes jambes ?

Elle aurait, ainsi affolée, égrainé toutes les parties de son corps tandis que Marcus ne put s’empêcher de sourire devant tant de sollicitude. Comme il se sentait bien dans les bras de cette adorable fille malgré quelques douleurs confuses dans tout son corps.

-« Parle-moi, Marcus, as-tu mal ? J’ai eu si peur en te voyant tomber»

-« Ca va Julia, je crois que ça va » répondit-il tout en fermant les yeux pour savourer un peu cet instant et se laisser aller contre la jeune fille

-« Oh mon Marcus, j’ai eu si peur », répéta-t-elle et ne put s’empêcher d’embrasser son visage en le serrant contre elle. Les premières chaleurs se faisaient sentir et Marcus était en sueur, pourtant Julia aurait donné tout ce qu’elle avait pour l’embrasser encore et encore. 

-« Julia, ma Julia, tout va bien, ne t’inquiète pas ». Il la regarda avec un peu de gêne tout en essayant de se relever. Son beau visage penché sur lui appelait son baiser et Marcus eut toutes les peines du monde à se ressaisir

-« Je crois que je me suis foulé la cheville en tombant, ajouta-t-il. Ce n’est pas très grave, mais je vais peut-être devoir laisser la place à un autre ouvrier pour finir de rabattre et de pincer ces arbres. » 

Tandis qu’il faisait une grimace de douleur, Julia l’aida à se relever et se retrouva dans ses bras vigoureux

-« Ne marche pas si tu as une mauvaise entorse, appuie-toi sur moi, je vais t’aider Marcus, viens doucement »

Elle l’enlaça tendrement pour l’aider à bouger et Marcus, pris d’une sorte d’ivresse, l’embrassa sur sa jolie bouche tandis qu’elle se blottissait contre lui 

-« Oh Marcus, mon Marcus », répétait-elle, sans trop savoir si elle devait être heureuse ou non… 

Elle partit tout à coup en courant, laissant le jeune ouvrier inquiet et décontenancé. Comment avait-il osé baiser ainsi sa jolie bouche ? Lui pardonnerait-elle jamais ? Car il savait bien que dans la société romaine en ce temps-là, même si l’empereur Adrien avait considérablement assoupli les règles envers les esclaves et les serviteurs libres, le mariage était interdit entre citoyens et non-citoyens, et Tiberius aurait tout loisir de le chasser de ses terres et même du pays s’il apprenait son geste.

Les jours passèrent. Julia s’enquérait chaque jour discrètement de l’état de sa cheville mais n’osait pas venir vers lui.

Quand Marcus reprit le travail, Julia le rencontra à nouveau à plusieurs reprises. Elle se comportait comme si rien ne s’était passé. Pourtant leur amour grandissait chaque jour d’avantage, la graine plantée fleurissait maintenant.

Marcus avait accompagné quelquefois son père Verus et le maître jusqu’à Nemausus, lorsque ce dernier allait négocier avec les marchands grecs de Massalia. Il savait que Tiberius avait poussé son voyage jusqu’au port pour trouver de meilleurs partis à ses affaires, mais il n’avait jamais emmené les ouvriers jusque-là car le voyage était bien long et il fallait dormir à Arélate, à Salon ou à Fossa Mariana (Fos) selon l’itinéraire. Six à sept jours de voyage aller-retour minimum, même en changeant de montures aux relais.

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21 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 2)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

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Le secret de Marcus (page 2)

Elle se souvient de son beau rire sans malice le jour où il lui a proposé de goûter à ses olives fraichement cueillies sur l’arbre. Julia lui en voulait beaucoup, et en même temps elle a aimé ce garçon espiègle qui riait de son affreuse grimace. Tandis qu’elle crachait tant et plus cette horrible pâte qui remplissait sa bouche d’une amertume tenace, elle avait trouvé très touchante la tendresse avec laquelle il s’était approché d’elle pour lui demander de lui pardonner « tu sais, c’est une blague traditionnelle chez nous, ce n’était pas méchant… mais tiens, j’ai apporté ces sucreries pour te faire passer le mauvais goût ». Julia avait réagi d’abord avec colère « je te ferai punir par mon père » tandis qu’elle crachait et recrachait par terre, mais le rire l’avait finalement gagnée à son tour, « tu sais pas ? On va jouer le même tour à mon frère, je ris déjà en l’imaginant, lui qui en sait toujours plus que tout le monde, il se fera bien attraper ».

Une véritable complicité était née entre la petite maîtresse et le jeune esclave.

Quelques années plus tard, Marcus, devenu un bel athlète, accompagnait parfois son père dans les arènes. A plusieurs reprises, Tiberius l’avait incité à devenir lui aussi un gladiateur, le jeune homme ayant remporté tous ses combats durant les exercices. « Tu sais petit, tu pourrais gagner pas mal d’argent dans les combats et je suis certain que notre César te remarquerait rapidement », mais inlassablement Marcus répondait qu’il n’était pas intéressé par cette vie-là « Je préfère continuer à m’occuper des vignes et des oliviers, Maître, ils ont bien besoin de soins avec tous les parasites. »

-« Je comprends bien, et je ne m’en plains pas. Je sais bien que depuis que tu t’en occupes, nous avons augmenté les stocks et amélioré sensiblement la qualité. Notre production de vin de clairette n’a pas suffi l’an passé à couvrir les commandes et je ne parle pas des demandes de notre huile d’olive».

-« J’en suis bien conscient Maître, et j’aimerais vous soumettre quelques suggestions. J’aimerais bien sortir un cuvée appelée la cuvée de Julia, et une huile très pure qu’on pourrait proposer à un prix supérieur au marché que j’appellerai « l’or des oliviers de Julia ». »

Tiberius s’était mis à rire en l’entendant, « je vois que tu as toujours plein d’idées nouvelles, mais ne t’emballe pas. On reparlera de tout ça plus tard ».

Julia avait aussi grandi en beauté et ne sortait plus comme lorsqu’elle était petite, car elle avait beaucoup à faire à la domus et Patricia, sa mère, avait de grands projets pour elle. Elle passait beaucoup de temps à sa toilette, se faisait quelques masques de beauté à l’argile qui faisait se moquer son frère « crois-tu que tu vas effacer des rides que tu n’as pas encore ? ». Julia lui tirait volontiers la langue et Servius riait d’autant plus qu’il était très fier de la beauté de sa sœur que tous ses amis cherchaient à connaître. Julia aimait aussi se coiffer et s’habiller comme les princesses Antonia de Nemausus ou Octavia d’Arelate.

Avec Servius, son frère, elle avait étudié avec un précepteur très érudit, esclave venu de Grèce. Sa mère avait tenu à ce qu’elle apprenne la poésie et la musique, comme dans les grandes familles romaines, mais aussi l'art de la cuisine et de la couture afin qu'elle devienne une bonne épouse et mère.

A seize ans, Julia ne voulait pas entendre parler mariage et Patricia trouvait que Tiberius était bien faible avec sa fille « Depuis quand les filles décident ou non d’épouser un mari que ses parents ont choisi ? Elle aurait pu déjà être introduite dans une des grandes familles de la cité d’Antonin, ce ne sont pas les bons partis qui manquent ! ». Mais Tiberius ne voulait pas aborder la question avec Julia, il se souvenait trop de la colère froide de sa fille lorsqu’il lui avait présenté celui qu’il lui avait choisi comme mari. Pourtant un consul très riche, et à peine âgé de quinze ans de plus qu’elle.

 Julia cependant adorait se promener quand elle avait un peu de temps pour elle dans les oliveraies parfaitement entretenues par Marcus et les autres esclaves de la maison. Elle croisait alors le jeune homme et aimait bien échanger quelques mots plaisants. C’était toujours, après les formules habituelles de politesse, des questions liés à l’entretien des vignes ou des arbres, échanges normaux entre une jeune maîtresse et ses ouvriers agricoles, mais c’était chaque fois un terrible combat entre les convenances et le fond de son cœur.

Elle repartait toute chamboulée après ses échanges… où étaient donc ses jeux d’enfants sans équivoques de leurs années d’enfance ? Marcus de son côté, était un jeune homme fier de son travail et s’il était ravi et heureux de l’intérêt que lui témoignait sa jeune amie, il essayait de n’en rien laisser paraître. Ses yeux le trahissaient parfois et s’il en devenait tout rouge, il se ressaisissait bien vite.

05 janvier 2018

Retro 2017 suite et fin

OCTOBRE

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NOVEMBRE

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DECEMBRE

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04 janvier 2018

Petite retro 2017... La Calmette à travers midi libre (deuxième partie)

Juillet

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Août

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Septembre

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A SUIVRE...

03 janvier 2018

INFOS pratiques

Infos pratiques


Nouveaux horaires passeport mairie et médiathèque

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Déchèterie

Nouveau badge pour accéder à la déchèterie de Ste-Anastasie (le gardien nous a informé que l'accès à la déchèterie se fera désormais avec un bagde qui décomptera nos passages et ouvrira la barrière.

Il faut donc remplir le nouveau formulaire accessible sur le site de Nîmes métropole (avec justif de domicile et certificat d'immatriculation du véhicule...)

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02 janvier 2018

Réponse à la charade

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01 janvier 2018

Petite retro 2017... La Calmette à travers midi libre (première partie)

Janvier

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Février

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Mars

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AVRIL

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MAI

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JUIN

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11 août 2017

La vie à La Calmette au début du siècle passé... petite promenade dans notre histoire

La vie au village, il y a un siècle

La crise agricole et la création d’une cave coopérative

La crise agricole frappait de plein fouet les viticulteurs du village, comme tous ceux du midi de la France. La mévente du vin due en partie à une surproduction inquiétait les paysans et la municipalité demandait (et obtiendra) la prime pour la distillation des vins. Deux distilleries seront ouvertes.aux vendanges - porteur.JPG

L’idée de se mettre en coopérative, comme à Maraussan, où la coopérative de vente fut la première à juger nécessaire de mettre en place une vinification commune en construisant un bâtiment spécifique (1905) germait dans toutes les têtes. Cette initiative avait été saluée par Jean Jaurès avec des mots restés célèbres « Mettez ensemble vos volontés, et, dans la cuve de la République, préparez le vin de la Révolution sociale! » (« Dins la tina de la Republica, preparatz lo vin de la Revolucion sociala ! ».cave.jpg

Le maire de l’époque, le comte Henry de Valfons, avocat, se déclara prêt à donner le terrain (moyennant un nombre conséquent de parts de cave) si tous se mettaient au travail. L’affaire fut entendue, et la coopérative devint réalité. Les hommes fournirent matériaux, transport et travail pour ériger ce bel immeuble, symbole de coopération des hommes quand la situation est grave. Sur le principe « un homme, une voix », quelle que soit l’importance des terres, est né le plus bel exemple de solidarité que notre pays a connu. Les maçons montaient les pierres à dos d’homme avec un ingénieux système qui leur permettait d’en porter deux par l’échelle à la fois (une devant et une dans le dos).cave coopérative.jpg

Au café, on vend le vin « à l’heure » pour écluser la surproduction. Un arrêté municipal (février 1902) impose la fermeture des débits de boisson à 11 heures et à toute personne vaquant dans les rues la nuit tombée d’être munie d’une lanterne allumée. Obligation de montrer son visage si la police interpelle et de dire son nom. (Ce n’est qu’en janvier 1923 qu’un emprunt sera lancé pour éclairer les rues à l’électricité).

Une foire à bestiaux fut créée également en juin 1904.

A cette époque, la circulation des automobilistes et cycles était limitée à 8 km/h dans la traversée de la commune. Pierre Marius Peloux, garde-champêtre, veille, de même qu’il surveille que l’interdiction de dépôt d’ordures le long des murs de la voie publique soit respectée.l'école.jpg

L’école des garçons comportait 46 élèves après la fermeture de l’école privée congréganiste, qui n’avait alors plus que 8 élèves. La municipalité demande (et obtient) alors à l’inspection d’académie et au préfet de conserver l’instituteur-adjoint.

En février 1904, Henri Martin, fabriquant de chaux (de très bonne qualité dans la commune) déclare l‘incendie de son mazet plein de bois au quartier de la Roque.

La création d’un établissement de grainage perfectionné montre que la sériculture est encore florissante.berger (pere Bechard).jpg

les foins 3.JPGcharettes 2.JPGLes paysans, outre l’indispensable cheval de trait, ont tous un cochon, des poules et des vaches et il y a plusieurs troupeaux de moutons dans le village. Pour la fête votive, tous amènent leurs charrettes pour établir une arène en rond sur la place… et les taureaux sautaient parfois, à la grande frayeur des habitants et du manadier.

La location du presbytère au curé Dussaud

Une anecdote intéressante nous est rapportée en février 1907, la commune accorde au curé Dussaud un bail annuel de 10 francs pour le presbytère. Le préfet annule cette décision, considérant que la valeur locative du presbytère est de 190 francs et que « La République ne reconnaît ni ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

Novembre 1907, les inondations font de gros dégâts dans certaines propriétés, et notamment chez Henri Etienne Vidal.

La poste et la minoterie

Août 1909, la minoterie emploie de nombreux salariés ; Un bureau de poste et télégraphes est implanté à La Calmette qui sera géré par un facteur-receveur considérant « qu’une grande minoterie s’est établie dans la commune, dont le fonctionnement et le trafic rangeront la localité, au point de vue commercial et industriel comme un des plus importantes du département… ». la minoterie 2.jpgL’achat de la maison Verd ayant été annulé, la commune décide la construction du bureau de poste avec emprunt (10 000 francs) dont l’adjudication est accordée à Auguste César. La commune s’engagera ensuite à fournir gratuitement le local à la poste (fonctionnement du service et logement du titulaire) pendant 18 ans (Conseil Municipal du 4.12.1912).

28 juillet 2017

Y A Qu'k chose qui cloche avec nos cloches

Comme vous l'aurez probablement constaté, nos cloches ne sonnent plus les heures normalement depuis plusieurs jours... pourtant la foudre n'a pas pu leur tomber encore dessus comme en 2014, puisqu'il n'y a pas eu d'orages !

Alors où est le mystère ?

Est-ce le nouveau système installé en 2014 qui s'est détraqué ?

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A moins que ce ne soit le sonneur de cloche qui s'est endormi ? Et dire que dans le temps, avoir le droit de sonner les cloches étaient un honneur important :

le droit de sonner seul les cloches

C'est  drôle comme honneur aujourd'hui... mais écoutez plutôt:

"Le 14 mai 1489, le prieur Teissier reconnaît, par acte passé chez le notaire Sauven André, les droits de suzeraineté des évèques d'Uzès sur La Calmette. En juin 1509, il obtient du Sénéchal de Beaucaire contre les Consuls (de Nîmes), le droit de sonner seul les cloches" *

Les temps évoluent, aujourd'hui qui voudrait de ce droit ? A moins que la signification réelle en terme de pouvoir (prieuré contre évéché...) et en terme de revenus... explique cela. Mais qu'importe donc, l'expression demeure savoureuse.

*extrait de la monographie de l'abbé Lamoureux (joli nom pour un abbé) : un coin de la Gardonnenque : LA CALMETTE. Ed. 1908.

petite explication tout de même : cette charge anoblissait en fait, car les assemblées municipales étaient convoquées au son de la cloche.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Aujourd'hui, les assemblées municipales (dites conseil municipal, ne sont plus convoquées par "cloche" !

 

En attendant, à La Calmette en ce beau mois de juillet, si on sait encore où on habite, on a perdu l'heure...

08 mai 2017

Le joli mois de mai est arrivé

 

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Souvenirs, souvenirs d'école avec Colette et Rémi...

 

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Et ils osaient écrire :
"mais je n'aime pas le vin"
cherchez pas d'où vient la crise....

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09 janvier 2017

Le saviez-vous ? Le blog de La Calmette a dix ans !

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Mon premier article sur le blog a été écrit en janvier 2007, et il n'a depuis jamais cessé de paraitre. Alternant histoires "historiques" du village et histoires de tous les jours, en s'efforçant d'informer chacun d'entre vous de tout ce qui se passe dans notre village. J'espère avoir réussi à vous intéresser et à vous être utile.

C'est une action totalement bénévole qui n'est guidée que par l'attachement que j'ai avec ce petit village qui m'a vu naître et sa population. Les anciens qui ont bercé mon enfance s'en vont petit à petit, mais leur esprit demeure tant qu'on ne trahit pas tout ce qu'ils nous ont appris, tout ce qu'ils nous ont légué. 

Ce vieux coeur de village qu'est le fort, si chargé d'histoire, cette église symbole de la Foi des catholiques calmettois avec les croix des chemins, ces places où parfois nous dansons et qui étaient cimetières et prieuré, ce temple si magnifiquement restauré, cette imposante bâtisse qu'est l'ancienne cave coopérative, symbole d'une fraternité incroyable, ce moulin à vent sur une si jolie colline et la minoterie, ces "châteaux" devenus simples maisons, cette belle allée de platanes, ces cafés qui disparaissent, ces commerces qui fuient le centre, etc. 

Il y a tant d'histoires autour de nous.

02 juillet 2016

Les prix de l'info 2016

Votre correspondant n'a pas eu de prix cette année, mais il est vrai que la concurrence est rude. J'ai eu cependant l'agréable surprise d'avoir été choisi pour le prix de la photo, même si je n'ai pas eu le prix. En d'autres lieux, on aurait dit "nominé"...

J'en suis très fier, d'autant qu'il s'agissait d'une photo qui me tient vraiment à coeur pour le moment particulier qu'elle représente.

Une photo réussie, c'est bien une photo, au delà des qualités photographiques propres, qui dit presque tout sans ajouter beaucoup de mots... et celle-là pour moi représente bien ça. L'émotion d'un départ non voulu et pourtant le grand sourire de tous.

 

Merci au jury de midi libre de m'avoir choisi parmi les finalistes, merci à vous tous qui me suivez et m'incitez à poursuivre. 

Sur le midi libre d'aujourd'hui : 

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Et sur l'édition spéciale "fête des correspondants" : les prix de l'info 2016

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L'embarras du choix où on peut lire "Dans le Gard, comment choisir entre l'émouvante image du curé de La Calmette (Gard) salué par ses paroissiens, etc. "

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avec le texte "sous l'oeil de la pro" qui écrit :

"L'au-revoir émouvant des paroissiens au père Alain, par Jack Montbrun à La Calmette

On voit tout de suite qu'il s'agit d'un curé avec ses paroissiens pour une rencontre conviviale, donc l'information est compréhensible. La photo n'est pas posée, ce qui lui donne un caractère spontané. Mais en avançant de quelques centimètres, les dos au premier plan auraient été moins présents"...

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29 avril 2016

La barre de 800 amis sur facebook est franchie

Je me demandais qui serait ma ou mon 800 ème ami(e) dans cet étrange monde qu'est facebook... et bien je suis ravi que ce soit Zuzana, qui même loin de La Calmette, est une vraie amie dans le monde réel.

J'ai attendu pour cette 800 ème qu'une demande vienne de l'extérieur, et je ne suis pas déçu. Bienvenue Zuzana !

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Napadlo mě, kdo by byl mým přítelem, nebo moje 800. (e) v tomto podivném světě zvaném facebook ... a jsem rád, že je Zuzana, který dokonce od La Calmette je opravdový přítel v reálném světě ,

Čekal jsem na tento 800. poptávce, která pochází z venku, a já nejsem zklamaný. Zuzana Vítejte!

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11 janvier 2016

Petite retro 2015 suite

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06 janvier 2016

Nostalgie

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On passait en 1939...et comme on écrivait bien en ce temps-là !

12:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31 décembre 2015

Retro suite

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Petite retro 2015, par petits bouts glanés dans le blog

Janvier

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Février

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Mars

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à suivre...

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09 mai 2015

Un tonneau pour cachette... il y a 223 ans

IMG_0060.JPG1789, la révolution a éclaté, apportant son lot d’espoirs mais aussi de troubles. A La Calmette, comme dans tous les villages de France, on a rempli des cahiers de doléances et on va voter (sous réserve d’avoir 25 ans et d’être contribuable). Alors que l’assemblée constituante vient de décider que la France serait découpée en départements, le nôtre devient le Gard à la place de Gardon, malgré le nom de la rivière qui en est à l’origine, notre village fera partie du canton de Saint-Geniès-de-Malgoirès, lui-même intégré au district d’Uzès. Un Calmettois, Honoré Balthazard, homme de lettres et notaire, sera élu au district d’Uzès.


Curés et évêques devront également être élus et prêter serment de fidélité à la Constitution. Nombreux sont ceux qui refusent, dont celui de La Calmette, Etienne Constant, qui sera contraint de s’exiler (il reviendra en 1801).

Les troubles de 1792 sont empreints de ces problèmes religieux, en parallèle des raisons politiques. L’abolition des privilèges en août 89 n’avait pas vraiment été mise en pratique dans les campagnes et de nombreux soulèvements avaient pour but de faire remettre par les nobles leurs titres et droits. C’est ainsi qu’une troupe de près de trois cent hommes est venue à La Calmette le 5 avril 1792 pour dévaster la maison de M. de La Reyranglade, puis chez Mauret, le fondé de pouvoir de M. Louis Mathéi de Valfons, qui se réfugie dans la maison de la Tour du Pin, mais devra remettre les titres de droits féodaux.


Des curés « constitutionnels » sont ensuite nommés par le district (à La Calmette, citons Goirand, puis Dominique Viens). Pendant cette période troublée, certains curés réfractaires célèbrent en cachette «le saint sacrifice de la messe au Mas d’Argelas et dans certaines maisons, notamment l’abbé Jeanjean» nous dit l’abbé Lamoureux («un coin de la Gardonnenque» ed. Lacour/rediviva).

Le «père» Arnassan, maréchal-ferrant, se rendait à Beaucaire faire des provisions de fer à l’époque de la foire et avait l’habitude de loger chez les parents de l’abbé Jeanjean. C’est ainsi qu’en retour l’abbé venait parfois célébrer la messe chez lui, à La Calmette, et avait dû plusieurs fois se cacher dans un tonneau en bois qu’on retrouve encore chez Françoise Arnassan, précieux vestige d’une époque heureusement révolue.

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31 décembre 2014

Bonne année 2015

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20 décembre 2014

Petite retro "stats" 2014

3697416220.jpgVous êtes nombreux à me suivre et je voulais vous remercier en cette fin d'année 2014 avant de vous présenter mes voeux pour la nouvelle année... Les records d'audience si on peut dire :

Meilleur nombre de pages vues en 2014 : 1948 pages un jour de janvier 2014

Nombre de visites sur le blog :

Le 10 août 2014 : 1281 visites pour 1883 pages

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Et en novembre, le 10/10/2014 : 1075 visites pour 1592 pages

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Un grand merci à tous, c'est la meilleure récompense au travail fourni, totalement bénévole, pour vous informer