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27 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 8)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 8)

...Tu vas voir qui est le maître ici»

Julia ne s’attendait pas à cette réaction soudaine de la part de son père, même si ça lui semblait aller dans le sens de ce à quoi Marcus et elle s’attendaient et qu’ils craignaient. Elle était pourtant persuadée qu’elle pouvait faire céder son père comme elle avait toujours su le faire, mais cette fois sa colère semblait être dominée par quelque chose de plus important que ses sentiments. Tiberius sortit et alla voir Patricia. Marcus était là. Il pleurait.

-« Que fait ce sacripant ici Patricia ? Sais-tu ce qu’il complote avec ta fille ? La liberté ne lui a pas suffi ni toutes les aides que je lui ai apportées, il veut aussi prendre ma fille et son héritage ! Sous mon propre toit ! N’as-tu pas honte ? Ton père et ta mère vont en mourir quand ils vont savoir que je te jette dehors, car tu ne mérites que ça ! »

-« Calme-toi, dit Patricia soudain. Ne laisse pas ta colère te faire dire des choses que tu regretteras ensuite. Je comprends ton emportement et j’ai moi-même eu beaucoup de mal à accepter. Mais tu sais, il y a bien longtemps que j’ai compris que ces deux-là s’aimaient vraiment. D’ailleurs, Servius ne cesse de charrier Julia avec son mariage et l’a accepté depuis toujours. Regarde l’avenir. S’ils se marient et vivent près de nous, on pourra les aider et profiter de nos petits-enfants. Penses-y Tiberius. »

Tiberius regardait sa femme, incrédule, sidéré, tellement déconcerté qu’il sortit sans rien dire et partit marcher dans les champs alentours

-« Laisse-le réfléchir, dit Patricia, et file chez toi qu’il ne te trouve pas ici à son retour. Le plus difficile reste à venir, mais tu dois avoir confiance, c’est un homme bon et généreux. Va, file ! » Julia arriva sur ces faits et regarda sa mère, éberluée. Ainsi, celle qu’elle croyait la plus opposée à cette union s’avérait être sa plus fidèle alliée

-« Oh maman merci, merci. Tu vois Marcus, tout n’est peut-être pas perdu ! » Elle se jeta à son cou et Patricia dut intervenir « Crois-tu que ton père appréciera de vous trouver ainsi s’il revient ? Allez, filez tous les deux. Tu vois, Julia, si on avait voulu m’empêcher d’épouser ton père il y a 20 ans, je sais ce que j’aurais été capable de faire et je sais que ma fille me ressemble… » Elle riait et Julia la prit dans ses bras tandis que Marcus sortait.

La nuit fut longue pour Tiberius. Comment s’avouer qu’en fait ce mariage était une bénédiction sans perdre la face ? Comment reconnaître que celle qui le faisait le plus craindre cette union semblait en fait en être la plus fervente partisane. ? Ainsi Patricia n’était pas si à cheval sur les principes et la peur des commérages. De plus, le succès grandissant des huiles « l’or des oliviers de Julia » n’était pas pour rien à la renommée de sa villa, et Marcus était seul à en connaître le secret.

Le lendemain, Julia et Marcus se présentèrent ensemble dans la domus de Patricia et Tiberius. Les deux amoureux avaient dû s’armer de courage pour affronter le maître. A peine arrivés en face de lui, Patricia étant légèrement restée en retrait, Julia pris la parole avant Marcus : « Père, qu’as-tu décidé ? Si tu n’accordes pas ma main à Marcus, nous partirons tous les deux. C’est avec lui que je veux construire ma vie. » Tiberius regarda Marcus, son regard était  glacial : « Et toi, jeune homme, tu oses venir dans ma maison avec des menaces comme celles de Julia ? Tu crois pouvoir enlever ma fille comme ça ? »

Marcus n’avait toujours rien dit, vingt fois il avait tourné et retourné ce qu’il allait dire, mais rien ne sortait…puis tout se mit en marche et il lui sembla que plus rien ne pourrait l’arrêter « Non, maître, je ne viens pas enlever Julia ni vous affronter. Je sais que quoi qu’il arrive, c’est elle que j’aime et que j’aimerai toujours. Ne me refusez pas sa main, j’ai trop le désir d’être à vos côtés pour continuer cette aventure, poursuivre nos affaires ensemble, vous donner une famille aimante, et…

Soudain il ne put plus aller plus loin et ne put que garder le silence en regardant l’homme dont dépendait sa vie future, et la femme dont il espérait le secours mais qui restait silencieuse.

Tiberius ne disait rien non plus et ça ne faisait qu’accroître sa gêne. L’air était si pesant… des larmes de colère ou de peur venaient aux yeux de Marcus et l’émotion lui serrait la gorge.

Tiberius se tourna vers Patricia, comme pour éviter de voir Marcus pleurer « Que dis-tu, femme ? Puisque je ne suis plus le maître dans ma maison, peut-être que tu sauras me dire ce que je dois décider ? Patricia baissait les yeux.

Soudain Marcus prit la parole « Maître Tiberius, je vous supplie d’écouter votre cœur. Ne vous inquiétez pas pour nos affaires, si je dois partir vous pourrez continuer à vendre l’or des oliviers de Julia puisqu’il lui appartient et je lui ai confié le secret de sa fabrication. Je ne veux pas enlever votre fille et même si je ne conçois plus la vie sans elle, je sais qu’elle sera trop malheureuse séparée des siens et m’en voudra un jour. Notre vie est entre vos mains »

-« Tais-toi Marcus ! Ne joue pas les grands seigneurs devant nous alors que tu sais très bien à quoi t’en tenir »

Tiberius tremblait de colère et se retourna à nouveau vers Patricia, « Alors ? ».

Patricia releva les yeux vers lui « Tiberius, tu connais mon sentiment. Pourquoi fais-tu comme si je devais être celle qui décide et à qui tu pourras plus tard le reprocher ! Ces enfants s’aiment et méritent de vivre heureux ensemble, mais c’est toi seul qui doit décider aujourd’hui de leur sort »

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