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26 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 7)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 7)

-« Alors Marcus ? Comment dois-je interpréter ton silence et ta gène ? »

Marcus sentait dans le ton de Tiberius qu’une colère rentrée le dominait. Il était terrorisé intérieurement à l’idée de perdre Julia et de briser tout ce à quoi il travaillait depuis si longtemps. Que faire ? Nier l’évidence et devenir parjure ? Et comment le prendrait Julia si elle l’entendait assurer qu’il n’y avait rien entre eux, qu’ils ne s’aimaient pas… Rien ne sortait de sa bouche. Il devenait livide.

Tiberius avait plus que de l’amitié pour ce garçon qu’il aimait comme son propre fils. Sa colère s’apaisa un peu en le voyant si penaud

-« Va retrouver Verus immédiatement et parle avec lui.  Il saura te conseiller. J’appelle sur le champ Julia. Allez va, sors de ma vue pour l’instant, on se retrouvera ici ce soir ! »

Marcus sortit un peu soulagé, mais il lui semblait que le monde s’écroulait sous ses pieds. A peine était-il sorti qu’il entendit Tiberius appeler Julia. Le ton ne laissait pas de doute sur son irritation. Julia sortit du triclinium où elle œuvrait à la préparation de la table pour le diner et aperçut Marcus qui sortait dans le jardin. Elle avait envie de l’appeler, mais Tiberius ne lui en laissa pas le loisir

-« Viens me rejoindre dans le tablinium, Julia, j’ai à te parler sur le champ. »

Julia suivit son père dans le bureau de réception. Après s’être assis, il lui indiqua de faire de même et remonta sa toge sur ses genoux

-« J’entends des bruits qui courent sur tes relations avec Marcus. Tu sais que j’aime ce garçon comme mon propre fils, mais tu sais aussi qu’il est fils d’esclave, même s’ils sont aujourd’hui affranchis, et que la société romaine ne tolère pas… » Julia lui coupa la parole, ce qui n’était pas dans ses habitudes ni dans les mœurs de la bonne société, mais Tiberius n’en tint pas compte et se mit à l’écoute

-« Père, s’il-te-plait, n’en dis pas plus. J’ai beaucoup réfléchi à cette situation. Maman et toi n’avez jamais vraiment considéré Verus et Lucia comme des esclaves ni d’ailleurs comme de simples serviteurs. Servius et Marcus sont comme des frères, et je les aime tous les deux. Leur complicité n’a jamais failli, et quand Marcus s’est lancé dans les affaires avec ton assentiment, Servius lui a donné toute l’aide possible, tu le sais bien. Enfin, Marcus est aujourd’hui un homme libre et un travailleur vaillant, il a construit une maison digne d’un colon. Il a développé des réseaux de clientèle particulièrement importants, et digne de la noblesse patricienne aussi bien économiquement que socialement. Ne crois-tu pas qu’il est temps de considérer mes sentiments comme supérieurs au « qu’en dira-t-on » des plébéiens ? »

Tiberius écoutait, un peu sidéré, même si depuis longtemps il avait appris à considérer sa fille comme une femme libre, intelligente et intègre.

-« Tu n’as jamais eu ta langue dans la poche Julia, et je sais que tes arguments finiront par me porter à reconsidérer des positions pourtant solides. Crois-tu qu’après tes refus d’épouser des partis riches et puissants qui ont mis ta mère dans tous ses états, elle avalera ce que tu viens de me dire ? »

-« Si tu me soutiens père, bien sûr qu’elle y viendra. Elle reconnaît d’ailleurs les mérites de Marcus »

-« Mais qui t’as dit que je te soutiens ? Crois-tu que parce que je t’écoute avec bienveillance, cela signifie que je suis d’accord ? Je veux avant tout que tu sois heureuse, mais il n’est pas question que ma fille devienne une femme du peuple qu’on regardera avec mépris ! Comment crois-tu que tous nos amis de la nobilitas vont réagir ? »

-« Père, Marcus est un homme libre. Les mariages entre patriciens et plébéiens sont autorisés par la loi Canuleia et je sais que tu en es un fervent partisan. Pourquoi refuserais-tu à ta fille ce que tu réclames pour les autres ? »

-« Ah parce que tu parles mariage maintenant ? C’est de ça que vous parlez avec Marcus ? Laisse-le venir me demander la main de ma fille, tu verras comme il sera reçu ! Je suis très en colère contre vous deux ! Va dans ta chambre immédiatement, je vais en parler à Patricia mais je connais déjà sa réponse. Tu vas voir qui est le maître ici»

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