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25 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 6)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 6)

Marcus la regarda, stupéfait. Elle ajouta : « Ton père a raison, je vais y réfléchir cette nuit et te donnerai ma réponse demain »

Marcus était à la torture et il avait l’air si démuni que Julia eut toutes les peines du monde à ne pas lui sauter au cou pour le rassurer.

-« Bien, finissons ces secundae mensae (desserts) et allons-nous coucher, on reparle de tout ça demain » déclara Tiberius, amusé par cette scène.

Quelques années passèrent, Julia et Marcus s’aimaient en cachette tendrement tandis que les affaires de Marcus prenaient de plus en plus d’importance. Tiberius ne cachait pas sa joie de voir la réussite de son petit protégé, d’autant que les bénéfices devenaient nettement positifs. Jamais les oliveraies de sa fille n’avaient autant rapporté et Tiberius s’en félicitait. Les commandes avaient tellement progressées malgré le prix élevé de ses huiles que Marcus avait dû se procurer des olives chez des paysans du coin pour fournir. Redoutable négociateur, il n’achetait que les olives de son choix, suivant des références et une façon de les récolter très précises. En bref, Marcus était devenu riche.

Il avait fait construire une maison, bien plus grande et solide que les maisons au toit de chaume de ses parents. Certes, ce n’était pas la ferme de Tiberius, mais elle avait des proportions bien supérieures à celles des simples masures celtiques. D’abord, il avait ajouté des chambres, une culina (cuisine) indépendante de la pièce centrale, avec une réserve, et même un lieu d’aisance éloigné avec l’eau courante. Le jardin devant la maison était planté de fleurs, chose incroyable à cette époque où le moindre carré de terre servait surtout à cultiver des légumes et autres produits consommables.

A l’arrière, le jardin potager et il avait construit sur le côté un parc pour le cochon et les poules, une petite étable pour une ou deux vaches et une belle écurie pour son cheval de trait. De l’autre côté un atelier et un hangar pour ses réserves et pour ses outils, de même qu’un grenier sur pilotis pour stocker les céréales à l'abri des animaux et des souris.

Un jour, il avait invité Tiberius à voir «sa maison», et ce dernier avait été surpris des dimensions et de l’ingéniosité de la construction. Restait un point important, mais encore au-delà de ses moyens : pouvoir presser ses olives et stocker lui-même son huile à domicile. Il lui fallait pour cela une surface bien plus grande, et surtout avoir les fonds nécessaires. Construire un pressoir, et même deux pour le raisin, un moulin, indispensable pour une huilerie, un espace avec quelques dolias pour avoir des réserves sur place et surtout un lieu où garder ses amphores, tout cela demandait des moyens qu’il n’avait pas.

De plus, comme son huile était destinée essentiellement à être transportée jusqu’à Massilia puis sur des bateaux, il ne pouvait la conserver qu’en amphore.

Tant que Tiberius lui offrait l’opportunité de faire tout cela dans sa ferme, c’était bien, mais Marcus voyait bien le manque à gagner que ça représentait. Ses affaires marchaient bien et il fourmillait de projets. Il avait tout maintenant pour être heureux, libre et riche, passionné par son travail… et pourtant ! il faisait tout ça pour celle qu’il aimait. Elle le rejoignait souvent et l’aidait à s’installer en lui envoyant quelques serviteurs discrètement, mais ils ne supportaient plus de devoir cacher leur amour.

Un jour pourtant, leur secret si précieusement gardé, fut découvert. Tiberius convoqua Marcus à la villa.

-« J’attends quelques explications, Marcus. J’ai eu vent de rumeurs détestables et j’aimerais que tu me rassures à ce sujet. Je ne peux croire à de tels ragots te concernant, tu sais que je t’ai en grande estime et que je n’hésite pas à t’aider dans tes projets. »

-« Que se passe-t-il, maître Tiberius ? »

-« Il se passe que des bruits courent sur des relations, comment dire ça, oui des relations entre ma fille Julia et toi. Comment est-ce possible ? »

Marcus sentit ses jambes défaillir et dût s’appuyer contre la table. Comment s’en sortir ? Il ne voulait pas mettre en danger Julia et s’affolait à l’idée que son père puisse la renvoyer loin d’ici. Tout cela tournait à toute vitesse dans sa tête.

-« Alors Marcus ? Comment dois-je interpréter ton silence et ta gène ? »

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