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23 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 4)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 4)

Un jour Marcus fut pris à partie par un voyageur à l’auberge. «Ton vin est délicieux, petit, mais ton huile d’olive est une pure merveille. Tu devrais aller voir le vieux Lucius à Nemausus, c’est un emporos très influent dans la cité phocéenne et je sais qu’il a grandement aimé ton huile d’olive. Il m ‘en a parlé récemment et voudrait te voir discrètement car il se méfie de ton maitre. Si tu fais affaire avec lui, tu ne le regretteras pas car il sait être très généreux quand quelque chose lui plait, et crois-moi, ton maitre sera ravi si tu lui annonces la bonne nouvelle dans quelques temps en faisant en sorte qu’il croit que la négociation vient de lui… ».

Marcus était d’autant plus fier de son travail que des gens importants l’en félicitaient. Comme Tiberius avait affranchi son père récemment pour le remercier de tout ce qu’il avait apporté à sa famille, Marcus pouvait demander à exploiter des terres directement à Tiberius, d’accord pour lui en laisser quelques-unes.

N’y tenant plus, Marcus en parle un jour avec Julia : « Tu sais, c’est cette huile dont je t’ai parlé un jour, l’or des oliviers de Julia. Ce Lucius veut en faire commerce et il est prêt à m’en donner un prix incroyable, mais comment m’y rendre sans éveiller des soupçons ? Je sais qu’il doit embarquer bientôt et ne sera à Nemausus que pour deux jours encore. »

-« Marcus, si tu crois que tu peux faire affaire avec cet emporos, tu dois aller le rencontrer. Prend mon cheval, Céleris, que tu connais bien et que tu as déjà monté. Je tâcherai de détourner l’attention de nos pères s’ils viennent à te demander, mais revient le soir avant la dixième heure (environ 16h de nos jours). »

Marcus partit dès le lever du jour pour être en ville avant le meridiès, car il savait où trouver l’emporos à l’heure du repas. Malheureusement pour lui,  Verus eut besoin de lui ce jour-là et le fit chercher, mais personne ne sut lui dire où il était. Ni Lucia, ni les maitres, ni ses compagnons de labeur, personne. L’après-midi était bien avancé quand Julia vit Verus dans une telle inquiétude, qu’elle décida de dire où était parti Marcus en l’implorant de ne pas en parler. C’était mal connaitre cet homme intègre et fidèle, car même affranchi, il éprouvait une grande amitié pour Tiberius.

-« Julia, ne sais-tu pas que la route entre Nemausus et notre villa est très dangereuse. Jamais je n’aurais laissé partir Marcus tout seul. A quelle heure a-t-il prévu de rentrer ? »

-« Il devrait être là déjà, et ne tardera plus »

-« Par Teutatès, s’il lui est arrivé quelque chose, je ne me le pardonnerai pas. Je vais voir Tiberius, on doit partir à sa rencontre avant la nuit »

Sur ces mots Verus partit vers la villa et appela une servante : « Dis-moi Graciela, ton maître est-il dans la domus ? Vas lui demander s’il peut me recevoir sans tarder ! »

Verus expliqua son inquiétude à Tiberius, très en colère d’apprendre que Julia avait permis à Marcus de prendre le cheval sans lui en parler. « Ces enfants n’ont pas conscience du danger d’aller seul dans ces bois ! Si son cheval se blesse, il est bon pour une nuit à la belle étoile qui peut s’avérer problématique avec les brigands traînant dans les parages. Appelle les hommes, Verus, on part à sa rencontre immédiatement ! »

Ayant pris 3 hommes avec eux, les 5 cavaliers partirent vers le sud à la rencontre de Marcus, tandis que Julia pleurait doucement dans sa chambre. C’est vrai que son père ne partait jamais seul vers la cité, mais comment faire accompagner son ami sans dévoiler leur secret. De sa fenêtre, elle regardait les cinq hommes en priant qu’ils retrouvent rapidement Marcus. La dixième heure était passée maintenant, et même s’il faisait jour encore quelques heures par cette belle journée de printemps, le risque de se faire agresser par des truands était plus grand le soir venu.

Après deux heures de recherche infructueuse, les hommes arrivèrent en vue de la ville du haut de la dernière colline. La tour Magna, point culminant des fortifications augustéennes sur le Mont Cavalier, était bien visible avec ses 35 m de hauteur lui permettant de dominer la plaine et les voies de communication. Verus ne put s’empêcher d’admirer cette superbe tour toute en blancheur sous le soleil couchant, avec ses quatre étages et dominée par un toit terrasse crénelé d’où les soldats surveillaient les alentours des quatre côtés.

-« Que fait-on Tiberius ? Il se fait tard et la cité est trop grande pour espérer trouver Marcus avant la nuit… Retournez à la villa sans tarder tout en cherchant s’il n’est pas blessé quelque part sur la voie, je vais aller dormir chez nos amis et je chercherai Marcus sur place, j’ai quelques idées sur les lieux où il est peut-être retenu. Vous direz à Lucia et Patricia de ne pas s’inquiéter, je reviendrai demain. »

Ainsi fut décidé, et Verus continua seul vers la cité des Antonins.

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