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22 septembre 2018

Le secret de Marcus (page 3)

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 3)

Un jour de printemps, alors qu’il était seul sur l’échelle à « pincer» les oliviers afin de limiter l'allongement des branches et favoriser la ramification, Julia l’interpella gaiement

–« Bonjour Marcus, crois-tu qu’il va pleuvoir que les tiots sont perchés ? » 

Marcus fut surpris, ne l’ayant pas entendue venir, et se mit à rire

-« Moque toi Julia, tu te moqueras moins quand tu goûteras l’huile parfumée que j’espère tirer de ces arbres. Je voudrais l’appeler l’or des oliviers de Julia si tu es d’accord et si ton père accepte. J’ai déjà repéré quelques amphores de couleur claire qui seraient parfaites pour cette cuvée ». Julia ressentit une vague de chaleur l’envahir et ne savait plus comment réagir

-« C’est vrai ? C’est gentil de ta part », se prit-elle à murmurer tout en essayant de cacher son trouble.

-« Comment, que dis-tu Julia ? » demanda Marcus en se tournant vers elle et se pencha un peu quand tout à coup son pied glissa et le garçon tomba à la renverse sur la terre caillouteuse.

Tandis qu’il restait un peu étourdi par le choc et s’inquiétait de savoir s’il ne s’était pas cassé quelque chose, il se retrouva dans les bras de Julia qui l’avait enlacé, effrayée et soucieuse

-« Ne bouge pas Marcus, regarde-moi et dis-moi si tu as mal. Peux-tu bouger tes bras ? Et ta tête ? Et tes jambes ?

Elle aurait, ainsi affolée, égrainé toutes les parties de son corps tandis que Marcus ne put s’empêcher de sourire devant tant de sollicitude. Comme il se sentait bien dans les bras de cette adorable fille malgré quelques douleurs confuses dans tout son corps.

-« Parle-moi, Marcus, as-tu mal ? J’ai eu si peur en te voyant tomber»

-« Ca va Julia, je crois que ça va » répondit-il tout en fermant les yeux pour savourer un peu cet instant et se laisser aller contre la jeune fille

-« Oh mon Marcus, j’ai eu si peur », répéta-t-elle et ne put s’empêcher d’embrasser son visage en le serrant contre elle. Les premières chaleurs se faisaient sentir et Marcus était en sueur, pourtant Julia aurait donné tout ce qu’elle avait pour l’embrasser encore et encore. 

-« Julia, ma Julia, tout va bien, ne t’inquiète pas ». Il la regarda avec un peu de gêne tout en essayant de se relever. Son beau visage penché sur lui appelait son baiser et Marcus eut toutes les peines du monde à se ressaisir

-« Je crois que je me suis foulé la cheville en tombant, ajouta-t-il. Ce n’est pas très grave, mais je vais peut-être devoir laisser la place à un autre ouvrier pour finir de rabattre et de pincer ces arbres. » 

Tandis qu’il faisait une grimace de douleur, Julia l’aida à se relever et se retrouva dans ses bras vigoureux

-« Ne marche pas si tu as une mauvaise entorse, appuie-toi sur moi, je vais t’aider Marcus, viens doucement »

Elle l’enlaça tendrement pour l’aider à bouger et Marcus, pris d’une sorte d’ivresse, l’embrassa sur sa jolie bouche tandis qu’elle se blottissait contre lui 

-« Oh Marcus, mon Marcus », répétait-elle, sans trop savoir si elle devait être heureuse ou non… 

Elle partit tout à coup en courant, laissant le jeune ouvrier inquiet et décontenancé. Comment avait-il osé baiser ainsi sa jolie bouche ? Lui pardonnerait-elle jamais ? Car il savait bien que dans la société romaine en ce temps-là, même si l’empereur Adrien avait considérablement assoupli les règles envers les esclaves et les serviteurs libres, le mariage était interdit entre citoyens et non-citoyens, et Tiberius aurait tout loisir de le chasser de ses terres et même du pays s’il apprenait son geste.

Les jours passèrent. Julia s’enquérait chaque jour discrètement de l’état de sa cheville mais n’osait pas venir vers lui.

Quand Marcus reprit le travail, Julia le rencontra à nouveau à plusieurs reprises. Elle se comportait comme si rien ne s’était passé. Pourtant leur amour grandissait chaque jour d’avantage, la graine plantée fleurissait maintenant.

Marcus avait accompagné quelquefois son père Verus et le maître jusqu’à Nemausus, lorsque ce dernier allait négocier avec les marchands grecs de Massalia. Il savait que Tiberius avait poussé son voyage jusqu’au port pour trouver de meilleurs partis à ses affaires, mais il n’avait jamais emmené les ouvriers jusque-là car le voyage était bien long et il fallait dormir à Arélate, à Salon ou à Fossa Mariana (Fos) selon l’itinéraire. Six à sept jours de voyage aller-retour minimum, même en changeant de montures aux relais.

09:10 Publié dans Blog, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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