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20 septembre 2018

Un conte (pour adultes) : le secret de Marcus

Puisque les jeux sont faits... je peux vous proposer le conte que j'ai écrit pour Cont'olives. Comme il contient 10 pages (le maximum autorisé), je vous propose de le lire comme une série, une page par jour, les derniers jours du blog (midiblogs).

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à mes lecteurs "testeurs" qui ont bien voulu le lire.

 

Le secret de Marcus (page 1)

Nous sommes en – 16 av. JC, dans un petit coin de Gardonnenque, il y a quelques deux mille ans.

Julia est une adorable petite fille de dix ans, ses parents sont de riches Romains à qui Octave, le futur empereur Auguste, a concédé une « villa » en remerciements des actes de bravoure de son père Tiberius lors de sa campagne d’Egypte et des services rendus à Rome. Patricia a épousé le beau Tiberius voilà une quinzaine d’année. Il était alors tout auréolé de gloire à son retour de guerre, on disait même qu’il avait combattu à Alésia, ce qui le faisait rire « j’avais à peine six mois quand Jules César a vaincu Vercingétorix, on doit me confondre avec mon père qui a effectivement participé à cette bataille ». Quand César a proposé à ses anciens officiers des terres autour de Némausus (Nîmes), Tiberius a été séduit par ce petit coin à quelques toises de la cité, bordé par deux lacs et entouré de forêts giboyeuses à souhait. Sa position sur la route de Regordane, au croisement de deux voies romaines d’importance n’avait pas non plus échappé à ce fin stratège.  Comme la propriété avait plus d’une centurie de terres, l’affaire était intéressante, d’autant que Tiberius s’était fait conseiller par un de ses fidèles augures et que les présages (les oiseaux étaient passés à droite) étaient favorables.

Autour de la villa de Patricia et Tiberius se trouvaient plusieurs habitations plus modestes où vivaient les gaulois autochtones de la tribu des Volques arécomiques. Le couple avait d’ailleurs rapidement sympathisé avec les habitants du lieu qui vivaient principalement de la culture de quelques vignes, de chasse et de pêche, et surtout des oliviers, dont ils tiraient une excellente huile d’olive.

L’endroit était d’autant plus plaisant que sa situation avait permis d’en faire un relais pour les  voyageurs partis de Nemausus vers Alèstum, ou d’Ucetia vers Toulouse, via le nouveau pont construit par Tibère sur le Vidourle à Sommières. C’était un relais du cursus publicus, fiable et efficace, mais la taberna (l’auberge privée) située à côté n’était pas des plus recommandée, « On parle même de prostitution et de mauvaise cuisine avec un vin fortement coupé d’eau, disait Tiberius, entrainant parfois une clientèle peu fréquentable ». Tout cela poussait certains voyageurs aisés à se faire inviter (par lettre d’introduction) chez Tiberius qui pratiquait l’hospitium. La « table » de Patricia était d’ailleurs très réputée car sa cuisinière, une certaine Lucia, gauloise née au pays, faisait des merveilles. Elle avait épousé Verus, un des serviteurs de Tiberius, paysan et gladiateur venu des montagnes cévenoles, esclave considéré par le maître comme un ami. D’ailleurs, Tiberius, laniste dans l’âme, l’avait pris comme protégé et le faisait combattre souvent dans les arènes de Nemausus.  Verus était un rétiaire de talent qui maniait son filet avec dextérité et rapportait pas mal de sesterces à son maître.

A l’intérieur de la villa, Tiberius avait fait réaliser une superbe mosaïque d’après un dessin de sa chère Patricia où l’on voyait une danseuse demi-nue jouant du tambourin entourée d’oiseaux multicolores, un peu dans le style de celle de leurs amis à Nemausus. Julia adorait cette mosaïque à laquelle le jeune Marcus, fils de Verus, avait participé comme apprenti.

Si la villa était avant tout un domaine agricole, elle était également une demeure luxueuse avec un magnifique jardin intérieur entouré d’une galerie de colonnes, et chose peu commune, le jardin ouvrait sur deux bassins, une piscina, vivier abritant des poissons, et un natatio. Ce bassin faisait le bonheur de toute la famille et de leurs amis car Tiberius et Patricia adoraient nager dans l’eau fraiche et limpide, coulant d’une source proche détournée à ces fins. Faute de pouvoir se doter de thermes privés, le couple avait eu l’idée de ce bassin de bien-être et ne boudait pas son plaisir lors des étés très chauds. Tiberius, en homme de bien, permettait à ses serviteurs de profiter du natatio en dehors des heures réservées aux maîtres. C’est ainsi que la jeune Julia s’était retrouvée souvent avec Servius son frère à jouer dans l’eau avec le jeune Marcus. Les deux garçons avaient d’ailleurs à peu près le même âge,  deux ans de plus que la jeune fille. La grossesse commune des deux futures mères avait contribuée à resserrer les liens entre Patricia la maitresse de maison et Lucia, la cuisinière et servante.

(…) Ainsi vivaient les deux familles dans une harmonie agréable que permettait la « paix romaine » de l’époque. Les 3 enfants ont passé leurs 10 premières années à jouer ensemble comme tous les enfants du monde. Julia adorait son frère et admirait son copain Marcus.

(à suivre)

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