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11 avril 2018

Ils vont détruire la cave coopérative !

Cette fois, les choses ont l'air de se préciser.

Nos élus en "gestionnaires avisés" vont voter la destruction de notre cave coopérative pour récupérer un terrain bien rentable et la remplacer par des lotissements et commerces...la cave coopérative3.JPGla cave coopérative2.JPG

Comme toujours, le fric prime sur tout.

On l'a laissée tellement s'abîmer qu'elle devient, entend-on, dangereuse. Ca coûterait plus cher de la réhabiliter que de la détruire en vendant ensuite le terrain. Certes. Les élus qui ont eu le courage de sauver leur cave coopérative doivent être de bien piètres gestionnaires... et pourtant !

C'est oublier qu'une cave coopérative représente tout un pan de notre histoire, et pas des moindres. Nos grands-pères et arrière grands-pères en ont été les promoteurs courageux. Ca s'est fait suite à des événements qui ont coûté la vie à certains d'entre eux quand Clémenceau a envoyé la troupe... C'est oublier qu'ils avaient inventé la première vraie gestion démocratique : un homme = une voix, quelle que soit l'importance de ses récoltes !

Je m'étais juré de ne pas laisser partir pour quelque intérêt promoteur la cave de La Calmette. Elle a l'architecture type de cette grande histoire de la coopération paysanne, où "le décor exalte l'élan coopératif". C'était oublier que nous avons élu des hommes et des femmes pour qui cette histoire-là n'a que peu d'intérêt, du moment qu'on réalise une belle opération.

Le développement viticole du Languedoc a profité à de nombreux petits propriétaires. Beaucoup avaient un autre métier et tiraient ainsi un revenu d'appoint de la vigne. De nombreuses petites exploitations familiales vivaient de la viticulture dans le Gard. Nous sommes nombreux à La Calmette a avoir connu ça. On se demande toujours comment de si petites exploitations arrivaient à faire vivre nos familles, souvent "nombreuses". 

La viticulture procurait de nombreux emplois induits, ouvriers agricoles, tonneliers, fabricants d'engrais, d'outils, de machines, mais aussi dans le transport et le négoce. A côté des grands propriétaires et des « châteaux », les petits propriétaires ont dû s'organiser pour mieux écouler leur production.

En 1905 apparaît la construction de la première cave coopérative de Maraussan, à l'ouest de Béziers. L'idée a germé dès 1901 sous l'impulsion d'un limonadier de Béziers : Elie Cathala, un habitué des circuits de distribution. Au départ ce n'est qu'une coopérative de vente, puis elle devient une coopérative de vinification pour les viticulteurs coopérants. Au mois de mai 1905, la cave sera inaugurée par Jean Jaurès, elle se nommera "Les vignerons libres" et adoptera pour devise:

 Chacun pour tous Tous pour chacun.

À la suite de Maraussan, et suite aux tragiques événements de la « révolte des gueux » d'autres caves coopératives seront construites dans le Languedoc, le Roussillon et dans les autres régions viticoles françaises, en Provence comme dans le Bordelais.

Histoire des caves coopératives 

Coopératives en péril


Aujourd'hui l'urbanisation dévorante rattrape les coopératives, très souvent enclavées, encerclées de villas qu'elles surplombent de leur masse et incommodent parfois aussi...
 Cette évolution urbaine défavorable s'ajoute aux contraintes économiques. Les créations liées à une viticulture " productiviste " marquent bientôt le pas et, à partir des années 1960, la recherche d'une plus grande qualité et les regroupements de sociétés fragilisent de nombreuses coopératives, réduites aujourd'hui à la fonction de dépôt ou de caveau de vente. Quelques unes sont certes reconverties, mais le temps des ventes et des démolitions semble venu en raison d'une pression foncière considérable (Montpellier, Marsillargues, Castries, Coumonsec, Gigean, Dions, etc.) [Caves coopératives, un patrimoine en danger, Midi Libre, 27 décembre 2004]. LA CALMETTE aujourd'hui...

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La-Calmette cave coopérative.jpg

Comme l'architecture, le décor exalte l'élan coopératif né de la crise de surproduction du début du siècle et de la réaction des petits propriétaires pour leur survie, avec l'espoir que fait naître l'esprit de solidarité.

Avec le mouvement coopératif, le paysage s'enrichit d'un nouveau monument emblématique : chaque village ou presque possède " sa " cave coopérative. L'implantation à l'écart des centres anciens, liée aux impératifs économiques et fonctionnels rend ces "cathédrales " d'autant plus visibles qu'elles se distinguent par leur proportion et leur silhouette atypiques.

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A La Calmette, tous les paysans se rassemblent, du plus riche au plus pauvre, le marquis de Valfons donne sa terre (contre un nombre conséquent de parts de cave...), les maçons retroussent leurs manches. On va chercher les pierres parfois assez loin, qu'importe, l'enthousiasme est là. On dresse des échafaudages au fur et à mesure que la bâtisse monte, les ouvriers montent les pierres à dos d'homme, souvent deux par deux avec un système ingénieux qui permet d'en avoir une devant et une derrière.

Mais peut-on parler de nos caves coopératives sans rappeler ce qui était leur âme :

"ses valeurs : solidarité, équité, transparence et responsabilité collective,

ses principes : libre adhésion, démocratie, acapitalisme, exclusivisme".

Ses Valeurs « Etre vigneron coopérateur, c’est agir ensemble ... » Les principes
  • libre adhésion
    tout ceux dont l’activité entre dans l’objet social peuvent devenir adhérents. Un contrat est passé entre la cave et l’adhérent avec des obligations pour chaque partie : engagement d’activité pour une durée déterminée pour le vigneron et recevoir et traiter au mieux les apports pour la cave
  • démocratie 
    un homme = une voix, un des principes de base de la coopération. Chaque adhérent possède une voix quelque soit l’importance de son capital au sein de la cave ou quelque soit sa surface cultivée.
  • acapitalisme 
    c’ est une société de personnes, pas de capitaux, les excédents réalisés sont versés à chacun proportionnellement aux opérations réalisées avec la coopérative : la ristourne
  • exclusivisme
    La coopérative doit réserver ses services à ses adhérents.
Les valeurs
  • la solidarité
    « Chacun pour tous », c’est un des principes fondamentaux de la coopération, le fort acceptant d’aider le faible, l’un et l’autre ayant décidé de se regrouper pour s’épauler et défendre ainsi au mieux leurs intérêts communs.
  • l’équité
    qu’un coopérateur ait plusieurs dizaines d’hectares ou seulement quelques ares, sa voix est entendue de la même manière, même si le système de pondération des voix tend à s’étendre. Le prix payé par un coopérateur pour un produit est le même pour tous.
  • Transparence
    les règles de fonctionnement d’une cave doivent être claires et connues de tous les adhérents. Aussi petit ou isolé soit-il, chacun des coopérateurs sera informé de la stratégie politique de la cave. Tout investissement est voté, chacun a son mot à dire dans la gestion de la cave.
  • responsabilité collective
    la cave coopérative se doit d’informer ses adhérents au mieux afin de leur permettre de comprendre leur environnement concurrentiel et de leur permettre de s’adapter au mieux aux aléas du marché.

A suivre

Conseil municipal spécial bugdet

teaserbox_2464776513.jpgMardi 10 avril, le conseil municipal s’est réuni pour voter le budget 2018.

Tous les points d’ordre du jour relatifs au budget ont été votés à l’unanimité.

Les comptes administratifs montrent un résultat excédentaire pour 2017 de 263 616€, qui font dire au rapporteur Jack Dentel qu’une année de plus nos économies de dépense ont porté leurs fruits. Ce satisfecit vient conforter la reconnaissance de bonne gestion donnée par la DDFIP (Direction des finances publiques du Gard), relatée dans un article de midi libre du 24 février dont le maire a remis en séance une copie à chaque élu.

Les élus affectent l’excédent de fonctionnement en investissement pour 2018 avant d’approuver le compte de gestion 2017 et décident compte tenu de ces résultats de ne pas augmenter les taux des impôts communaux.

Le budget fait ensuite apparaître que la commune rembourse maintenant plus de capital que d’intérêt «on a réduit notre dette de moitié, ajoute J. Dentel, de 4.3 Mns en 2008, on est passé à 2.5 Mns en 2017. On pourrait même à nouveau emprunter, mais on ne le fera pas».

Le budget présenté reste sensiblement identique à celui de l’an dernier.

Les subventions aux associations restent identiques, puis l’élu liste les différentes recettes (dont 713813€ de subventions) et dépenses prévues qui s’équilibrent.

 

Outre les travaux de voirie indispensables, on peut noter la destruction du mas des oliviers (Fonds Barnier), l’achat d’un défibrillateur, les mises aux normes handicapés des WC au foyer et à l’Acsem, le moulin à vent, la construction des nouveaux ateliers techniques liée à la destruction de la cave coopérative et à l’aménagement du site, le pôle sportif (clôture foot, tennis, Acsem, clim et parking de la halle…), etc.

Les élus votent ensuite un avenant de répartition concernant le transfert de compétence vers l’agglo de la ZAC, refusant d’en perdre le bénéfice si les comptes d’exploitation sont positifs.

Sur proposition de la commission ad’hoc, les élus votent un tarif de 3€ par table et 1€ par banc pour les prêts aux particuliers avec caution de 200€, la somme de 50€/clé pour la perte après location de locaux (près de 30 clés ont dû être renouvelées dans l’année écoulée), un accord de location du foyer à des associations calmettoises pour le 31 décembre pour la somme de 300€ (avec 900€ de caution). Ces derniers points ont été votés à la majorité ou à l’unanimité des votants.

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