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11 août 2017

La vie à La Calmette au début du siècle passé... petite promenade dans notre histoire

La vie au village, il y a un siècle

La crise agricole et la création d’une cave coopérative

La crise agricole frappait de plein fouet les viticulteurs du village, comme tous ceux du midi de la France. La mévente du vin due en partie à une surproduction inquiétait les paysans et la municipalité demandait (et obtiendra) la prime pour la distillation des vins. Deux distilleries seront ouvertes.aux vendanges - porteur.JPG

L’idée de se mettre en coopérative, comme à Maraussan, où la coopérative de vente fut la première à juger nécessaire de mettre en place une vinification commune en construisant un bâtiment spécifique (1905) germait dans toutes les têtes. Cette initiative avait été saluée par Jean Jaurès avec des mots restés célèbres « Mettez ensemble vos volontés, et, dans la cuve de la République, préparez le vin de la Révolution sociale! » (« Dins la tina de la Republica, preparatz lo vin de la Revolucion sociala ! ».cave.jpg

Le maire de l’époque, le comte Henry de Valfons, avocat, se déclara prêt à donner le terrain (moyennant un nombre conséquent de parts de cave) si tous se mettaient au travail. L’affaire fut entendue, et la coopérative devint réalité. Les hommes fournirent matériaux, transport et travail pour ériger ce bel immeuble, symbole de coopération des hommes quand la situation est grave. Sur le principe « un homme, une voix », quelle que soit l’importance des terres, est né le plus bel exemple de solidarité que notre pays a connu. Les maçons montaient les pierres à dos d’homme avec un ingénieux système qui leur permettait d’en porter deux par l’échelle à la fois (une devant et une dans le dos).cave coopérative.jpg

Au café, on vend le vin « à l’heure » pour écluser la surproduction. Un arrêté municipal (février 1902) impose la fermeture des débits de boisson à 11 heures et à toute personne vaquant dans les rues la nuit tombée d’être munie d’une lanterne allumée. Obligation de montrer son visage si la police interpelle et de dire son nom. (Ce n’est qu’en janvier 1923 qu’un emprunt sera lancé pour éclairer les rues à l’électricité).

Une foire à bestiaux fut créée également en juin 1904.

A cette époque, la circulation des automobilistes et cycles était limitée à 8 km/h dans la traversée de la commune. Pierre Marius Peloux, garde-champêtre, veille, de même qu’il surveille que l’interdiction de dépôt d’ordures le long des murs de la voie publique soit respectée.l'école.jpg

L’école des garçons comportait 46 élèves après la fermeture de l’école privée congréganiste, qui n’avait alors plus que 8 élèves. La municipalité demande (et obtient) alors à l’inspection d’académie et au préfet de conserver l’instituteur-adjoint.

En février 1904, Henri Martin, fabriquant de chaux (de très bonne qualité dans la commune) déclare l‘incendie de son mazet plein de bois au quartier de la Roque.

La création d’un établissement de grainage perfectionné montre que la sériculture est encore florissante.berger (pere Bechard).jpg

les foins 3.JPGcharettes 2.JPGLes paysans, outre l’indispensable cheval de trait, ont tous un cochon, des poules et des vaches et il y a plusieurs troupeaux de moutons dans le village. Pour la fête votive, tous amènent leurs charrettes pour établir une arène en rond sur la place… et les taureaux sautaient parfois, à la grande frayeur des habitants et du manadier.

La location du presbytère au curé Dussaud

Une anecdote intéressante nous est rapportée en février 1907, la commune accorde au curé Dussaud un bail annuel de 10 francs pour le presbytère. Le préfet annule cette décision, considérant que la valeur locative du presbytère est de 190 francs et que « La République ne reconnaît ni ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

Novembre 1907, les inondations font de gros dégâts dans certaines propriétés, et notamment chez Henri Etienne Vidal.

La poste et la minoterie

Août 1909, la minoterie emploie de nombreux salariés ; Un bureau de poste et télégraphes est implanté à La Calmette qui sera géré par un facteur-receveur considérant « qu’une grande minoterie s’est établie dans la commune, dont le fonctionnement et le trafic rangeront la localité, au point de vue commercial et industriel comme un des plus importantes du département… ». la minoterie 2.jpgL’achat de la maison Verd ayant été annulé, la commune décide la construction du bureau de poste avec emprunt (10 000 francs) dont l’adjudication est accordée à Auguste César. La commune s’engagera ensuite à fournir gratuitement le local à la poste (fonctionnement du service et logement du titulaire) pendant 18 ans (Conseil Municipal du 4.12.1912).

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