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07 janvier 2016

Un peu d'histoire : quand il fallait payer pour traverser le village...

Si vous êtes un peu curieux, vous avez déjà vu sur la façade de la maison de M. Fabre un drôle de trou bien rond au-dessus d’un gros anneau de fer qui semble avoir défié le temps. A quoi donc pouvaient-ils servir, ainsi situés sur la rue très empruntée au centre du village ?

Le réseau de routes autour de Nîmes a toujours été important. S'y croisaient les routes du sel, les routes des transhumances, les voies entre l'Espagne et l'Italie, vers les points de passage sur le Rhône.

La Calmette, de par sa situation était parfaitement placée pour profiter de ceux qui montaient vers les Cévennes ou le Massif Central en empruntant la plaine du Gardon, ou ceux qui descendaient vers la ville ou vers la mer vendre leur produit, or l'usager de la route a toujours constitué une proie tentante pour les collecteurs de taxes.

Si les Romains ne paraissent pas avoir abusé des péages, car les facilités de circulation étaient pour eux essentielles, le morcellement territorial qui suivit le bas Empire entraîna une prolifération de péages.

Le péage de La Calmette, situé au départ de la route des Arvernes, est connu grâce à un PV d'enquête de 1260. En 1242 par cession faite à saint Louis, la seigneurie de La Calmette est unie au domaine de la couronne. Un droit de péage y est établi. Raymond Trencavel notre vicomte, seigneur de La Calmette en était le percepteur. Il avait cédé à saint Louis tous les droits qu’il avait dans le diocèse de Nîmes (et sur le Carcassez) moyennant une rente de 60 livres et le péage.

Il n'hésitait pas à prendre des objets ou des vêtements en gage "pignorare mantellum" à ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas payer. En 1254, il obtiendra de Saint-Louis de passage après son expédition en terre sainte un supplément de 30 livres sur ce péage se plaignant de l’insuffisance de revenus.

L'anneau scellé dans le mur servait à attacher la chaîne que l'on tendait en travers du chemin. Parfois la chaîne était remplacée ou renforcée par une barre de bois qu'un mécanisme permettait de relever ou d'abaisser (d'où le trou rond sur l'anneau).

En 1261, le péage établi à La Calmette donna lieu à des réclamations de la part des habitants de Nîmes. Le 3 octobre 1280, le juge prononça une ordonnance dans laquelle il déclara que, attendu qu’il était prouvé que les gens de Nîmes étaient accoutumés de passer dans le village et le territoire de La Calmette avec leurs laines, leurs fromages, leurs bestiaux et autres effets, ils devaient en être exemptés, avec défense de ne jamais l’exiger à l’avenir. 

En1321, il est fait état que ce village avait un marché aux bœufs florissant une fois par semaine, et que les revenus qui provenaient à raison de ce marché profitaient au péage.

Pendant l’année 1789 éclate la révolution et les habitants mettent le feu au bureau de péage et font fermer ce péage qui pesait sur les petites gens et travailleurs de l'époque. Le noble seigneur de la Reinanglade qui l’exploitait encore fut assez avisé de s’enfuir, laissant son domestique subir les assauts des bandes révoltées qui mirent d’ailleurs le feu à son mobilier et autres objets lui appartenant.

le péage, le péage de la calmette, la calmette

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